Vous êtes cette petite entreprise de transport qui doit cesser toute activité. Vous êtes cet étudiant qui a besoin de son petit boulot pour payer son loyer. Depuis une semaine, la pandémie, le confinement sont venus chambouler votre équilibre financier.

Le ministère de l'Economie et des Finances à Paris.
Le ministère de l'Economie et des Finances à Paris. © AFP / Emmanuel Fradin / Hans Lucas

La pandémie de Covid-19 et le confinement destiné à l'enrayer interroge chacun de nous sur son budget.

Comment tenir si la situation venait à durer ? Quelles sont les aides auxquelles on peut prétendre ? Que pouvons-nous dire ou demander à notre banquier ? Et surtout que nous répondra-t-il ?

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire et Daniel Baal, directeur général du Crédit Mutuel Alliance Fédérale sont les invités d'Alexandra Bensaïd pour répondre à ces questions. 

Les questions des auditeurs

Une auditrice, artisan céramiste nous appelle : "Je suis auto-entrepreneure, je donne des cours de céramique et de mosaïque, j’ai arrêté toute mon activité depuis une semaine, je me demande si je peux avoir des aides ?" Agnès Pannier-Runacher : "Une première chose, un report des échéances sociales et fiscales (donc impôts et ce qu’elle paye à l’URSAFF) peut être effectué. Elle pourra ensuite aller vers le fonds de solidarité, mis en place pour les micro-entreprises sur certains critères (chiffres d’affaires, pertes en lien avec coronavirus). Ce fonds est en train d'être monté. A partir de fin mars, on pourra se connecter sur le site des impôts et faire valoir sa demande."

Mais sur la question du chiffre d'affaires, que faire s'il est déjà faible ? Agnès Pannier-Runacher : "L'aide prévue à hauteur de 1 500 euros est souvent supérieure aux chiffres d'affaire des micro-entrepreneurs. On se basera sur le chiffre d’affaire qu’on connait."

Est-il possible pour les banques de faire des reports d'échéances également ? Daniel Baal : "Il y a une possibilité de report des échéances mensuelles, sans pénalités et sans commissions. Nous verrons avec le client pour consolider la situation. Et nous avons le soutien de l’état, avec des prêts, et des crédits de trésoreries, avec la garantie de la BPI ou de l'état lui-même. Le dispositif d’état va soutenir l'ensemble des entreprises touchées. [...] Sur l'échéancier, l’état peut abandonner des créances et les banques peuvent aussi abandonner l'intérêt pour permettre à des entreprises pour revenir à la tranquillité.

Quelles aides pour les loyer et factures ? Agnès Pannier-Runacher : "Si le budget d'une entreprise est problématique, elle peut demander un dégrèvement fiscal, tous les renseignements sont sur le site du ministère de l’Economie et des Finances, il est possible de demander la suspension des factures de gaz/eau/électricité. Il peut y avoir la possibilité (on est en train de voir avec les centres commerciaux) pour suspendre les loyers, mais cela ne représente pas toutes les situations. Les entreprises ne sont las les seules concernées, les associations également peuvent bénéficier de certains cas, c'est à voir selon les prérogatives de l'association (notamment sportives)."

Agnès Pannier-Runacher : "Les entreprises qui ont des commandes vont redémarrer comme Michelin. Il faut assurer la base vie de la société.

A quoi s'attendre concernant les crédits des voitures ou des appartements ? Daniel Baal : "Dans le cas des banques, il faut faire une étude attentive de chaque cas, et selon les pertes de revenus. S'il y a perte, on regarde la situation et on peut avoir des formules, comme envisager de ne pas préléver les échéances de prêts et les reporter. Les prêts peuvent être modulés selon les contrats également. Il faut s'attacher à la relation de confiance entre le client et son conseiller."

Doit-on s'attendre à une baisse des retraites ? Agnès Pannier-Runacher : "Il n'y a aucune raison que les retraites baissent, les revenus des salariés qui sont en télétravail ne vont pas baisser. Ce qui va baisser, c’est quand ils sont sur une rémunération supérieure au smic mais qu’ils sont au chomage partiel (ils toucheront 84% de net)."

Qui bénéficie de ce fonds de solidarité ? Agnès Pannier-Runacher : "Il y a deux types d'entreprises : celles qui ont dû fermer à cause des arrêtés du 15 et 16 mars et qui bénéficient du fonds de solidarité. Et celles qui ne sont pas arrêtées mais qui n'ont plus d'activité (car pas de contrats) depuis plus longtemps telles que l'événementiel ou le tourisme, qui elles sont concernées par ce système de 70%. Elles peuvent aussi bénéficier de ce fonds de solidarité.

Quid des entreprises qui ferment selon une décision personnelle ? Agnès Pannier-Runacher : "Les commerçants que nous avons autorité à ouvrir ont des activités très importantes pour le fonctionnement du pays, et nous avons travaillé avec ces métiers pour protéger les salariés qui viennent travailler. Si on peut ouvrir (comme les magasins de bricolage, les opticiens, les magasins alimentaires), les magasins doivent ouvrir, mais ils n’auront pas d’aide s'ils ne justifient pas de leurs fermetures."

Y a-t-il possibilité pour les étudiants d’avoir une aide pour payer le loyer et les charges s'ils sont revenus chez leurs parents pour le confinement ? Agnès Pannier-Runacher : "Il n'y a pas de dispositif pour le moment pour ces dépenses, sachant que cette dépense est forcément comprise dans le budget, vu que ce n'est pas une dépense en plus. Il n'y a pas d’aides prévues, mais des filets sociaux qui existent.

Les gens qui sont actuellement aux minimas sociaux vont avoir du mal à subvenir à leurs besoins, car les produits de première nécessité augmentent en plus de la charge des enfants qui ne sont plus dans les cantines, et qui mangent à la maison ? Agnès Pannier-Runacher : "Sur les prix, nous suivons le dossier. On a pu voir avec le gel hydro-alcoolique qui a pu voir ses prix flamber. Nous avons fait un décret pour plafonner ses prix. Mais nous suivons les prix de manière générale, nous ne voyons pas d'augmentation générale, mais on voit beaucoup de fraudes.

Concernant les entreprises, doivent-elles avancer les salaires ? Peut-il y avoir des prêts ? Daniel Baal : "La banque ne pourra pas prêter systématiquement. Une entreprise structurellement en bonne santé ne va pas être en faillite à cause du coronavirus. Les banques prendront en considération les entreprises et le montant des aides sera en fonction du chiffres d’affaires et des besoins, on étudiera les dossiers selon les cas. On peut autoriser le découvert, par exemple. L’idée est de permettre de passer le cap pour que les entreprises continuent de fonctionner."

Et concernant le régime des intermittents ? Agnès Pannier-Runacher : "Il s'agit d'un régime particulier qui dépend du ministère de la Culture. On ne laissera pas les gens sur le bord de la route. Et il faudra voir à bouger les curseurs des indemnisations à l'instant T. Pour le moment, l'indemnisation est prévue sur le mis d'après. Les éléments de réponse doivent être prévus au niveau de la Culture. Nous avons pris les mesures par exemple pour repousser la réforme du chômage. Les chômeurs en fin de droit pourront bénéficier d'un allongement d'indemnisation par exemple."

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