Samedi, des milliers de personnes défileront dans toute la France pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles, aux cris de #NousToutes. Comment inclure les hommes à ce combat, sans pour autant confisquer le débat, alors que la parole des femmes se libère enfin ?

Féminicides : les hommes mâles dans leur peau ?
Féminicides : les hommes mâles dans leur peau ? © Getty / Michaela Begsteiger

Depuis l’affaire Weinstein, le mouvement « Me Too » semble avoir révolutionné les rapports de genre, avoir fait tomber les barrières d’un tabou. En surface, du moins. Car en France, nombre de femmes ont le sentiment que les choses n’ont pas vraiment changé. Dans une enquête, on apprend que pour 75% des jeunes femmes, la lutte contre les violences ne s’est « ni améliorée, ni dégradée »…

Et il est difficile de leur donner tort, quand l’on voit les féminicides dont la liste s’allonge en moyenne tous les trois jours, quand éclatent toujours plus d’affaires de violences sexuelles. Quand la police, la justice et les médecins ne jouent pas encore tout à fait leur rôle face à ce fléau. Dans une enquête menée par l’IFOP et publiée le 8 novembre, 22% des hommes ont admis avoir déjà commis au moins un acte d’agression sexuelle au cours de leur vie. 

Ce soir, on se pose la question de la place des hommes dans la lutte contre les violences, sur la façon dont ils peuvent se mobiliser et agir, eux aussi.
Surtout quand on sait que le Grenelle des violences conjugales, qui s’achèvera lundi prochain, a occulté la question du suivi des hommes auteurs d’agressions. Trop sensible, trop taboue – alors que ce genre de mesures peut permettre, c’est prouvé, d’éviter les récidives... 

A l’approche de la grande marche de samedi, une tribune publiée par Libération et signée par un collectif s’attaque à la question. Des hommes de tous les milieux s’engagent à rejoindre le cortège, et reconnaissent que « les mécanismes de domination dont nous, les hommes, sommes les acteurs, perdureront tant que nous ne changerons pas nos comportements et n’interrogerons pas la construction des masculinités et leur toxicité… ».

Une démarche sans doute nécessaire pour faire évoluer les mentalités, libérer les paroles. 

Comment faire avancer la lutte contre les violences faites aux femmes, en y incluant les hommes ? Comment interroger la masculinité et les comportements qui en découlent ? 

Les invités
  • Camille Froidevaux-Metteriephilosophe féministe, professeure de science politique et chargée de mission égalité-diversité à l’Université de Reims
  • Laurent MetterieRéalisateur, producteur
  • Noël AgossaPrésident de l’Association des familles de victimes de féminicides, porte-parole du collectif Plus jamais ça !
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.