Alors qu’Emmanuel Macron avait annoncé faire de l’égalité homme-femme la grande cause du quinquennat, les nominations d’un garde des sceaux particulièrement critique envers le mouvement #MeeToo et d’un ministre de l’intérieur visé par une plainte pour viol provoquent la colère des organisations féministes.

L’affaire Weinstein avait contribué à libérer la parole des femmes et réactivé l’intérêt porté aux luttes féministes sur la scène politique. 

Aujourd’hui pourtant, les femmes se sentent abandonnées par les classes dirigeantes et le ton monte, l’indignation fait place à la révolte. 

Le divorce entre le gouvernement et les principaux acteurs féministes semble désormais acté depuis le remaniement du 6 juillet. 

« La grande cause du quinquennat n’a jamais été plus insultée, méprisée et moquée » -Pétition d’Osez le féminisme ! - 

 Plusieurs manifestions ont fait suite à ces nominations, dénonçant le fait que placer de tels profils à ces postes emblématiques conduirait les femmes à ne plus avoir confiance ni en la police ni en la justice. 

Gérald Darmanin se retrouve par exemple à la tête des projets visant à améliorer les conditions d’accueil des victimes de violence dans les postes de police alors qu’il fait lui-même l’objet d’une plainte pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. 

La « grande cause du quinquennat » est-elle finalement la grande oubliée du déconfinement ? 

  La crise a-t-elle aggravé les inégalités hommes-femmes ?  

Une grande partie des postes à risque pendant la crise sont occupés par des femmes : infirmières, assistantes maternelle, caissières … 

L’OCDE indique que 70% du personnel soignant est féminin, tandis qu’une enquête de l’INED révèle que dans le secteur professionnel, les femmes ont été beaucoup plus touchées que les hommes.

Le confinement a de plus mis en lumière l’ampleur de nombreuses problématiques liées au genre telles que la charge mentale, l’égalité salariale ou encore les violences domestiques. 

La chercheuse Joanie Cayouette-Remblière dénonce ainsi une « triple peine pour les femmes ».

Après cette participation massive des femmes à l’effort général, des avancées concrètes sont désormais attendues. 

Les associations réclament un changement radical du système. Les promesses ne suffisent plus. 

Une nouvelle ère des luttes féministes est-elle en train d'émerger ? 

Après les récentes vagues de libération de la parole des femmes, comment agir réellement pour plus d’égalité ? 

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