Lors de son entretien télévisuel du 14 juillet, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le développement du transport ferroviaire. La relance des trains de nuit arrive en tête de ses directives, alors qu’ils avaient quasiment disparu du paysage français depuis le quinquennat Hollande.

Bientôt le réveil des trains de nuit ?
Bientôt le réveil des trains de nuit ? © AFP / EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS

Cette mesure a de quoi surprendre. 

Il y a quelques années encore, les français pouvaient sillonner la France de bout en bout à bord des couchettes du réseau Lunéa, ancien service nocturne de la SNCF. 

Les trains de nuit ont cependant disparus petit à petit pour ne devenir aujourd’hui qu’un souvenir d’antan.

Concurrencés par les trains à grande vitesse et les vols aériens low-cost, leur lente agonie s’est achevée en 2016 par la décision du gouvernement de supprimer la quasi-totalité des trains de nuit. Moins de cinq lignes circulent encore actuellement. 

Le gouvernement revient finalement sur ses pas et souhaite désormais redynamiser ce mode de transport pour en faire une alternative écologique aux vols domestiques et aux TGV. 

Comment va s’organiser la relance des trains de nuit ? 

Quel coût pour L’Etat et la SNCF ? 

Le Français retrouveront-ils avec plaisir les chemins du voyage nocturne ?

Au-delà du trajet, le plaisir du voyage  

«L’amour des trains de nuit porte en lui la hantise de les voir s’immobiliser pour toujours. Leur pire ennemi est leur alter ego diurne, dans sa version rapide, comme le train à grande vitesse.(…) Le TGV rapetisse l’immensité, ridiculise les plaines, décrète la lenteur hors-la-loi. Il a aboli une forme de poésie» - Eric Faye dans « Mes trains de nuit » 

L’accélération des temps de transport a complètement bouleversé notre rapport au déplacement. 

Hier partie intégrante du voyage, le trajet se résume aujourd’hui essentiellement à un simple moyen de passer d’un point A à un point B. 

Dans son livre « Slow train », Juliette Labaronne se désole de cette constatation : « Le but n’est pas simplement le but, mais le chemin qui y conduit ».

Pour elle, les avantages du train de nuit sont conséquents et répondent aux principales problématiques de notre générations : « A l’heure où les changements climatiques pèsent déjà sur notre quotidien, où l’on commence à pointer les ravages du tourisme de masse, découvrir la France à un rythme ralenti nous offre plus de dépaysement que de sauter dans un avion ou un train supersonique ». 

Et si le retour des trains de nuit changeait la donne ? 

Sera-t-il l’occasion de repenser complètement notre rapport au voyage ? 

Représente-t-il une opportunité fiable pour enfin conjuguer en harmonie transport et écologie ? 

Les invités
  • Juliette Labaronne, journaliste indépendante et autrice de Slow Train (Ed. Arthaud, 2019)
  • Pierre ZembriProfesseur en urbanisme et transport à l’Université Paris Est Marne La Vallée, directeur du Laboratoire Ville Mobilité Transport
  • Jean-Luc Gibelinvice-président de la région Occitanie en charge des transports.
L'équipe
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