Les cellules d’urgence médico-psychologique, CUMP en abrégé sont instaurées après chaque événement traumatique. Mais n'en fait-on pas trop ? Certains dénoncent des abus et un risque de "psychiatriser la tristesse".

cellule d’urgence médico-psychologique
cellule d’urgence médico-psychologique © Flickr

Tsunami en Indonésie, tremblement de terre en Haiti, attentats, crashs d’avions, mort violente dans une école…mais aussi braquage de banque, automobilistes coincés sous la neige…depuis 1995, à chaque catastrophe, nous avons pris l’habitude d’entendre à la radio ou à la télé : « une cellule psychologique vient d’être mise en place ».

Dernièrement, le 7 janvier dernier, quelques heures après la tuerie à Charlie Hebdo , une cellule d’urgence médico psychologique a monté une antenne à l’hôtel de dieu, afin de prendre en charge toutes les personnes, rescapés , familles, voisins, témoins susceptibles de présenter un traumatisme psychologique. Car c’est bien cela dont il s’agit : tenter, dans l’urgence, de prendre en compte, au-delà des soins physiques, la nécessité de soins psychiques, jouer le rôle d’un samu des syndromes post traumatiques.

Mais un livre récent vient jeter un pavé dans la mare en accusant ces CUMP, ces cellules d’urgence médico psychologiques, d’être devenues des « gadgets politiques ». Déployées à tort et à travers, objet d’instrumentalisation de la part des politiques qui en dégainant une Cump, se dédouanent à peu de frais en affirmant, « vous voyez, l’état est là », mais aussi manque de formation des personnels soignants mobilisés. Une charge au vitriol, pas franchement bien vécue dans le monde de la psychiatrie d’urgence.

Alors ce soir au Téléphone Sonne, on s’interroge sur ces cellules d’urgence médico psychologiques, à quoi servent elles ? Comment fonctionnent elles ? A quelles missions répondent-elles ? Ne sont elles aujourd’hui qu’une mise en scène des victimes qui ne ferait que complaire aux politiques et aux medias, ou ont-elles une vraie utilité thérapeutique ?

Vos questions au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux Franceinter.fr, facebook et sur twitter #telsonne

Invités :

- Hélène Romano, psychologue clinicienne, co-auteure de « Je suis victime » [Duval – Juin 2015]. Elle dénonce le recours systématique aux cellules de soutien psychologique.

- Patrice Louville, psychiatre, vice-président de l’Afor-CUMP __

- Laurent Bernard-Brunel, psychiatre, référent CUMP 95

- Franck de Montleau , chef du service de psychiatrie de l’Hôpital d'instruction des armées Percy

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