L'agribashing, c'est ce dénigrement des méthodes de travail des agriculteurs. Accusés d'utiliser trop de pesticides, de détruire les sols ou de maltraiter les animaux, les paysans s'estiment mal-aimés. Le Salon de l'agriculture, en ce moment à Paris, est l'occasion pour eux de tenter de redorer leur blason.

Le salon de l'agriculture a ouvert ses portes au public samedi
Le salon de l'agriculture a ouvert ses portes au public samedi © AFP / LUCAS BARIOULET

C'est pour ça que c'est important le Salon de l'agriculture, pour que les citadins viennent voir les agriculteurs. Pas seulement pour montrer une vache en vrai aux enfants, c'est important que les citadins, les consommateurs de grandes surface, ou les adeptes du circuit court, viennent directement entendre parler des modes de production. Viennent comprendre comment on travaille, quand on cultive la terre ou qu'on élève des bêtes.  Parce-que parfois, pas toujours, aux yeux du citadin bobo, qui ne connait de l'agriculture que l'Amap qui le fournit chaque semaine : l’agriculteur c'est le pollueur, l'empoisonneur. C'est celui qui ne prend soin des bêtes destinées aux abattoirs que depuis qu'on filme les conditions d'abattages épouvantables.

D'ailleurs, la viande, ça n'a plus de sens. L'agriculteur, c'est celui qui dit qu'il n'arrive pas à se passer de glyphosate, mais c'est parce qu'il ne veut pas faire l'effort. Pourquoi on n'oblige pas tout le monde à faire du bio ? En bon français, même le ministre appelle ça "l'agri-bashing". 

Mais au fond, quand les deux mondes arrêtent de se caricaturer l'un l'autre, le débat, c'est celui d'une agriculture conventionnelle contre un autre modèle, et ce débat là, il vaut le coup, et ces questions tout le monde se les pose. Le pire des citadins, celui qui a un panier sur son vélo, s'il n'est pas sourd et aveugle à ce qui l'entoure, il sait aussi les conditions de vie particulièrement difficiles. Les suicides nombreux,  les salaires très bas, les prix très bas. C'est pour ça que c'est important, le Salon de l' agriculture, pour savoir se parler et se comprendre, sans se caricaturer.

Posez-vos questions à nos invités au 01 45 24 7000 : 

Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne

Samuel Vandaele, secrétaire général des Jeunes agriculteurs

Manuel Rufez, journaliste à France Inter

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