La levée de la limite des déplacements à 100 kilomètres a donné le top départ des vacances d’été. La nouvelle était aussi très attendue par les professionnels du tourisme, qui espèrent sauver la saison et encourager la destination France.

Êtes-vous prêts pour les vacances (quelles que soient les modalités) ?
Êtes-vous prêts pour les vacances (quelles que soient les modalités) ? © Getty / Bernd Vogel

La crise sanitaire a mis à l'arrêt complet le secteur du tourisme. L'OMT, l'Organisation mondiale du tourisme, évoque des pertes s’élevant à 1000 milliards d'euros. En France, premier pays touristique mondial, quelques 2 millions d'emplois sont concernés.

Édouard Philippe a annoncé la levée de la contrainte des 100 kilomètres. Soulagés, les touristes pourront se déplacer sur l'ensemble du territoire cet été. Depuis déjà quelques semaines, des initiatives se multiplient pour promouvoir la destination France.

Partir à l'étranger pourrait aussi redevenir une option. Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, a annoncé faire « tout pour que ce soit possible » les voyages dans les pays européens cet été. La Grèce ou l'Italie ont déjà évoqué leur volonté de maintenir l'accueil des touristes étrangers.  

On en parle ce soir avec Jean-Pierre Mas, président de Entreprises du voyage, et Anne-Marie Coulon, présidente de l'Association des maires de Vendée

Extraits de l'émission ci-dessous

Partir à l'étranger

Jean-Pierre Mas : "Le trafic aérien va reprendre, on le sait. Par exemple, Aéroports de Paris a annoncé à 18h la réouverture d'Orly donc, il va y avoir des avions. Après la question, c'est : est-ce que le pays de destination recevra, ou pas, des touristes français ou des touristes étrangers ? Il faut savoir qu'il y a à peu près une centaine de pays encore pour lesquels les frontières sont fermées donc il faut se renseigner

Les destinations au sein de l'Europe seront possible à partir du 15 juin

Et hors Europe : "la décision sera prise le 15 juin. On peut imaginer que les voyages à destination à destination de l'Afrique de l'Amérique du Sud seront ouvertes au mois de septembre. [Pour ceux qui sont concernés] je conseille d'anticiper le voyage comme s'ils allaient pouvoir partir et je suis à peu près persuadé qu'ils pourront voyager"

Attendez le 15 juin pour prendre une décision. 

Les plages vont-elles rouvrir ?

Anne-Marie Coulon : "Jusque là, nos plages étaient statiques ; la plupart des maires nous demandent les réouvertures en plages actives. Je crois que chaque maire va prendre ses responsabilités"

Annuler son voyage ?

  • croisière

Jeanne appelle : elle a réservé une croisière qui débutera le 11 juillet pour les pays nordiques la Russie, la compagnie MST ne repart que le 9 ou le 10 et on ne sait pas aujourd'hui si la Russie rouvrira ses frontières. Elle souhaite annuler le voyage

Philippe Lefèbvre, journaliste spécialisé dans les questions touristiques : "C'est vrai pour les croisières comme pour le transport aérien : il vaut mieux que ce soit la compagnie qui annule plutôt que les particuliers parce que sinon, éventuellement, la compagnie pourra vous demander de payer des frais d'annulation"

  • vol

Marianne appelle : Elle devait partir au CAnada, le voyage aller Paris > Montréal a bien été annulé car pendant le confinement, en revanche la compagnie refuse aujourd'hui de rembourser le voyage retour qui lui aurait dû se dérouler après la période du confinement. 

Philippe Lefèbvre : _"_C'est un voyage en zone IATA (l'Association internationale du transport aérien) qui, depuis le début, ne plaide que pour une chose : rembourser le moins possible de billets et trouver toutes les petites astuces juridiques pour ne surtout pas rembourser. 

Alors là, effectivement, sur le premier vol, comme il a été annulé par la compagnie, effectivement la compagnie a le devoir de rembourser très rapidement - en théorie, c'est sept jours mais en ce moment, on est plutôt sur un mois de remboursement. Pour le deuxième vol, ils peuvent jouer la montre. Il ne faut surtout pas annuler 

N'annulez pas de votre propre chef parce que là, ça va vous coûter très cher en frais d'annulation.

  • camping

Bernard appelle : il souhaite partir en camping-car en France mi-juin, et comme il risque d'y avoir des mesures de sécurité sanitaire importantes, notamment dans les camping, est-ce que ce n'est pas prudent, cette année, de réserver partout où on va plutôt que d'y aller le nez au vent ?

Anne-Marie Coulon : "Il peut téléphoner dans les zones où il pense papillonner. Ce serait plus de prudent, pour savoir s'il y aura de la place, si on peut le recevoir… Mais je pense que tout sera mis en effet en jeu pour que le maximum de personnes puissent être reçues". 

Le mois de juin sera un test pour les mois de juillet et d'août, pour accueillir tout le monde en toute sécurité.

Pourquoi attendre un prochain point d'étape le 22 juin

Sophie Bécherel, journaliste sciences à France Inter : "Pour les zones vertes, si les Français continuent à respecter tout ce qu'on a appris en gestes barrières et mesures d'éloignement physique, il n'y a pas de raison, finalement, que ça bascule puisque maintenant, on est en capacité, quand il y a un foyer épidémique qui émerge, de tester les gens et de les tracer, et donc de les isoler si nécessaire. 

Non, c'est plutôt pour les régions en orange ou en rouge. Là, les critères vont être suivis et il va falloir voir si on fait face. Ce qu'on constate, c'est que dans les hôpitaux, par exemple d’Île-de-France, même si le nombre de personnes hospitalisées décroît ainsi que le nombre de cas en réanimation, ça décroît bien plus lentement que ça n'est monté. Je faisais un petit calcul : il y a ces jours-ci, en réanimation dans les services des hôpitaux d'Ile-de-France 830 personnes environ et un peu moins de 10 000 personnes hospitalisées. Normalement, les capacités des hôpitaux sont en mesure de faire face, d'autant que le personnel n'a toujours pas pris ses congés et qu'on se prépare éventuellement à la deuxième vague.  C'est toujours trop peu, finalement et il faut encore une marge de manœuvre. Il faut voir quels seront les indicateurs le 22 juin pour libérer tout le monde - toujours en respectant ces gestes barrières et ses conditions d'hygiène".

Privilégier les départs en France

Jean-Pierre Mas : 

La règle est extrêmement simple : plus on décide tard et moins on va loin.

On ne peut pas faire de longs courriers cet été ; il n'y a pas de destinations ouvertes de long courrier. Les seules qui pourraient l'être, ce sont celles vers les départements d'outre-mer. 

Le maintien de la quatorzaine n'est pas compatible avec le tourisme donc on va rester en France, essentiellement.

Je pense qu'on va quand même voyager en Europe, parce que la Grèce, l'Espagne, l'Italie, le Portugal sont des grandes destinations touristiques de l'été. Elles le redeviendrons cet été, mais avec des niveaux de fréquentation bien inférieur à celui des années précédentes". 

Camps de vacances, scouts, colonies

  • colonies de vacances

Philippe Lefèbvre : "Il peut y avoir des colonies de vacances à partir du 22 juin. 

Le problème, c'est que tout d'abord, les réservations individuelles c'est un peut tard pour les vacances, notamment pour le mois de juillet. Et puis, il y a le rôle des collectivités locales et des comités d'entreprise: il y a des collectivités locales qui ont déjà décidé purement et simplement de ne pas organiser de colonies de vacances et de sorties cet été. Et puis pour les comités d'entreprise, c'est au coup par coup : certaines les ont maintenues, d'autres ont elles aussi annulées. 

  • séjours linguistiques

Pour les séjours linguistiques, par contre (50 000 jeunes par été pour la Grande-Bretagne), on sait que ça risque d'être un tout petit peu compliqué. 

  • centres de loisirs

Anne-Marie Coulon, qui est reponsable de l'accueil des loisirs dans sa commune, répond : _"_Nos accueils de loisirs sont restés ouverts, principalement pour les enfants des personnels prioritaires pour le moment. Nous nous posons la question de l'ouverture pendant les grandes vacances puisque juillet et août sont des mois où les accueils de loisirs accueillent beaucoup d'enfants sur le territoire, et pour le moment, nous en sommes toujours à la barrière des 15 enfants par classe, comme à l'école. Et ça nous pose vraiment un énorme problème parce que, finalement, nous mettons tout mon personnel avec moitié moins d'enfants.

Nous nous resterons ouverts quoi qu'il en coûte.

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