Les premiers étudiants ont fait leur rentrée depuis un mois. Malgré l’annonce d’une reprise des cours en « 100% présentiel » certaines universités poursuivent les enseignements à distance. Combien d’étudiants sont concernés ? L’enseignement hybride est-il devenu la norme ?

Quelle est la situation dans les universités ?
Quelle est la situation dans les universités ? © AFP / DAMIEN MEYER

ELes étudiants ont fait leur rentrée après des mois de crise sanitaire. Une population très touchée par la crise, avec la fermeture des universités et la perte de jobs étudiants, sources de revenus. De plus, les cours à distance ont provoqué de nombreux décrochages. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, avait annoncé une rentrée « 100 % en présentiel » et un retour à la normal. Qu’en est-il ? 

Certaines universités jugent au contraire que les cours à distance sont bénéfiques. L’enseignement numérique devient-il un choix pédagogique ? Les cours à distance, une aubaine pour des universités en manque de place ? L’enseignement hybride est-il devenu une norme ? Comment cela s’organise ? Comment les étudiants le vivent-ils ? 

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Extraits de l'émission

En principe : tout est 100% présentiel. La réalité est différente ?

Anne Roger : "On nous demande de faire du 100% présentiel alors qu'on n'a pas les moyens d'accueillir tous les étudiants. On se retrouve dans une situation où le distanciel devient une aubaine quand il n'y a pas assez de salles. C'est assez insidieux ; les universités laissent de l'autonomie aux équipes pédagogiques, sans qu'il y ait des cadrages très forts. Donc il est difficile de faire remonter les données, et de faire des bilans précis."

Le problème des locaux n'est pas nouveau. On a accueilli 500 000 étudiants de plus en dix ans, et 34 000 étudiants de plus cette année, sans que rien ne change ni au niveau des locaux, ni dans l'encadrement des étudiants."

Disparités et précarité étudiante

Paul Mayaux : "Durant la crise sanitaire, on a eu une grosse activité contre la précarité. Les épiceries sociales et solidaires de la FAGE ont distribué plus de 275 000 paniers de biens alimentaires et d'hygiène d'environ une semaine. Avec le retour en présentiel, c'est exponentiel. On a une croissance très forte de la demande d'aide alimentaire, et aussi tout particulièrement du logement cette année. On a plus de jeunes qui arrivent dans l'enseignement supérieur, et pourtant très peu de logements qui leur sont à disposition. Le pire est pour les étudiants qui ne peuvent pas être accompagnés par leurs familles, qui elles-mêmes rencontrent des difficultés financières, sans pour autant entrer dans les critères de bourses."

Anne Roger : "Comment mieux aider les étudiants en précarité, que d'être en présentiel avec eux, et de tisser un lien social indispensable. Des étudiants qui sont déjà en situation de précarité financière, qui mangent difficilement, qui ont des problèmes de logements : si en plus on les laisse seuls, face à un écran, mais c'est suicidaire !
Ce qui n'empêche pas de réfléchir à des solutions numériques, à une pédagogie améliorée, il n'y a pas de problèmes. Il ne faut pas confondre l'utilisation du numérique pour améliorer la pédagogie, et l'enseignement à distance.

Au fur et à mesure des témoignages, on voit à quel point les situations sont disparates. Dans certaines facs, tout est en distanciel. Il y a de grandes inégalités de traitement."

Les invités
  • Paul MayauxPrésident de la FAGE
  • Anne RogerMaitresse de Conférences, enseignante-chercheure à l'Université Claude Bernard à Lyon et secrétaire générale du SNESUP-FSU
L'équipe