Avec le tourisme, le trafic maritime, la surpêche et la pollution... La mer Méditerranée, lieu d'une biodiversité foisonnante, est surexploitée à tous les niveaux.

Une photo prise le 1 er novembre 2018 à La Ciotat, dans le sud de la France, montre une partie de la plage polluée par des traces d'hydrocarbures, d'algues, de morceaux de bois et de déchets plastiques rejetés par la mer.
Une photo prise le 1 er novembre 2018 à La Ciotat, dans le sud de la France, montre une partie de la plage polluée par des traces d'hydrocarbures, d'algues, de morceaux de bois et de déchets plastiques rejetés par la mer. © AFP / GERARD JULIEN

A l'échelle de la planète, la Méditerranée n'est qu'un modeste bassin qui contient moins de 1% de la surface de l'océan. Mais c'est beaucoup plus en termes de biodiversité : cette mer d'une richesse exceptionnelle abrite près de 20 000 espèces et des écosystèmes uniques, comme les herbiers de posidonies ou les zones de lagunes.

Pourtant, les pressions s'additionnent pour faire de cet endroit l'une des mers les plus polluées

Les rejets toxiques des industries empoisonnent les oursins, huîtres, poissons et coraux... tandis que la surpêche accentue la raréfaction de certaines espèces comme le thon rouge. Sans oublier les déchets plastiques, l'urbanisation effrénée et le tourisme de masse qui impactent les littoraux. A ceci s'ajoute le changement climatique qui accroît la fragilité des écosystèmes...

  • Avec Gilles Boeuf, Océanographe et Président du Conseil scientifique de l'Agence Francaise pour la Biodiversité, 
  • et Olivier Nouaillas, journaliste qui signe l'article "La Méditerranée, une nouvelle morte?" dans le hors-série Le Monde / La vie sur l'Histoire de la Méditerranée. Il est l'auteur de Une rivière en résistance, la Brézentine, aux éditions du Rouergue.

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Extrait de l'émission

"La mer Méditerranée représente moins de 1% de la surface de l'océan, pourtant elle contient 6% de la biodiversité marine - y compris des écosystèmes uniques".

La mer Méditerranée est unique à plus d'un titre :  "Elle est fermée, elle n'a pas (ou très peu) de marée. C'est aussi la seule mer qui est chaude en profondeur, elle est plus salée que l'océan".

"Aujourd’hui, il y a toujours des effluents liquides dangereux qui se déversent dans la baie de  Marseille - et en plus dans un parc national classé, le parc des Calanques".

Depuis 120 ans, une usine décharge ses déchets (les tristement célèbre "boues rouges") dans la Méditerranée : "Dans les 30 millions de tonnes qui ont été déversées, on estime qu'il y a 20 tonnes d'arsenic, 1,9 tonne de titane, 60000 tonnes de chrome, du vanadium, du mercure, de l'aluminium, des métaux lourds : que des produits toxiques qui ont une durée de vie considérable !"

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On ne peut pas aujourd'hui continuer à faire la richesse de quelques-uns au prix de la pollution d'une mer qui est tellement importante pour nous tous !

"En avril 2019, on a retrouvé un cachalot échoué sur une plage de Sardaigne, avec 22 kg de plastiques dans son corps".

"On estime qu'il y a 1,25 millions de fragments de plastique par kilomètre carré en mer Méditerranée. C'est un taux qui est quatre fois plus élevé que ce qu'on trouve dans le "continent plastique" qui dérive dans le Pacifique Nord. La situation est très très sérieuse en Méditerranée".

"Ce qui m'a fait pleurer une fois : une tortue de 80 ans, issue d'une évolution de 200 millions d'années, tuée par un sac en plastique qu'elle avait encapuchonné et qui avait servi à ramener des tomates du supermarché pendant 20mn. C'est à pleurer de bêtise !".

"Le Méditerranée est aujourd'hui une carte postale abîmée : on estime qu'il y a à peu près 300 millions de vacanciers et surtout on en attend 500 millions d'ici 2030".

Chronique 

Une fois par semaine, Hugo Struna nous fait découvrir les sons de la nature étudiés par les chercheurs du Muséum de Paris.

Aujourd'hui, nous suivons l'audio-naturaliste Fernand Deroussen à la rencontre des chanteurs les plus talentueux du monde sauvage.

De la Guadeloupe à Madagascar en passant par le Cambodge, ouvrez grand vos oreilles 

5 min

A l'écoute des chanteurs du monde sauvages

Par Hugo Struna

La sonothèque de Fernand Deroussen 

Programmation musicale

  • THE BLACK KEYS   « Go »
  • SOUAD MASSI    « Raoui »
  • BARBAGALLO « La paix »
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