Dans le Transsibérien ou perdu au milieu de la Cordillère des Andes, William Rezé alias Thylacine parcours le monde en quête d'inspiration, de sonorités et de rencontres, à même d'influencer sa musique.

Le musicien et compositeur de musique électronique, Thylacine au Printemps de Bourges le 20 avril 2019.
Le musicien et compositeur de musique électronique, Thylacine au Printemps de Bourges le 20 avril 2019. © AFP / GUILLAUME SOUVANT

Si la musique est un pont entre les hommes, les paysages et les arts, alors Thylacine est un architecte. Soubassement des notes entêtantes et envoûtantes de sa musique, un rituel chamanique sur les bords du Lac Baïkal, quelques chants polyphoniques de la Taïga et un petit village du nom de Santa Barbara perdu dans l'immensité Argentine. 

Une heure durant, Thylacine vient nous parler de son rapport au voyage, de son séjour dans le Transsibérien et et de sa dernière aventure à bord d'une caravane-studio. Un voyage musicale dans les mystérieuses contrées de l'inspiration. 

Extraits de l'entretien

"Dans le voyage, on se coupe d'un peu tout, on a la possibilité d'avoir du temps devant soi, de rencontrer des gens, d'être toujours dans un lieu différent"...

Le Transsibérien est long de plus de 9000 km, et assez lent : 80 km/h : "On a le temps de se perdre dans le paysage. On a des heures et des heures à perdre pour créer".

"Pendant ces quelques heures d'arrêt [du Transsibérien], je ne m’attendais pas à pouvoir enregistrer autant de voix, autant de diversité de choses. On s'est parfois un peu laissé embarquer. J'ai fini au milieu de la taïga à enregistrer des grands-mères dans des villages ou à passer deux jours dans un village avec un chaman au bord du lac Baïkal... Ce sont plein d'expériences folles. Pendant ces quelques jours d'arrêt, j'enregistrais énormément de choses, je faisais beaucoup de rencontres, je dormais assez peu, j'essayais d'en profiter un maximum et après je repartais avec tout ça dans le train avec des journées entière pour créer"

Sur le chemin du Transsibérien, Thylacine a rencontré les chanteurs polyphoniques d'Irkoutsk : "ils allaient collecter des vieux chants dans des villages qui allaient se faire ensevelir par des barrages. Il y avait un travail pour faire perdurer cette musique"

Parmi les contraintes, il cite : "la composition uniquement au casque (dans le train, je ne pouvais pas enregistrer d'instruments, il y avait énormément de bruit), avec très peu de matériel. Ensuite, je me suis mis en tête de créer un vrai studio, qui soit en plus autonome en énergie (avec le toit couvert de panneaux solaires)".

"Là, on est dans un désert de sel, je ne sais pas si on l'entend bien mais en fait le son du saxophone ers très soufflé parce que j'avais très peu d'oxygène. On était à 4200 mètres. J'ai adoré ça, ça me faisait jouer différemment"

Programmation musicale 

THYLACINE « Irkutsk »
JUANA MOLINA  « Ferocismo »
BLACK PUMAS  « Colors »

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