Bertrand Piccard, après avoir réussi le premier tour du monde en ballon sans escale, s'est lancé dans l'aventure Solar Impulse : le tour de la Terre dans un avion solaire. Il poursuit ainsi la saga familiale après son père Jacques et son grand-père Auguste.

Bertrand Piccard en 2015 devant Solar Impulse 2 à Nanjing en Chine
Bertrand Piccard en 2015 devant Solar Impulse 2 à Nanjing en Chine © Getty / VCG

Dans la famille Piccard, on est explorateur de père en fils depuis trois générations. En 1931, Auguste Piccard est le premier homme à s'élever en ballon jusque dans la stratosphère. En 1960, son fils Jacques Piccard est le premier à descendre en sous marin au plus profond de l'océan Pacifique dans la fosse des Mariannes, il atteint presque 11 kilomètres de profondeur. 

En 1999, le petit fils Bertrand Piccard est le premier à faire le tour du monde en ballon sans escale. Son prochain défi est de faire le tour du monde avec un avion solaire Solar Impulse. Il est des fêtes de famille où les souvenirs que l'on raconte autour de la table doivent faire briller les yeux des enfants. Des souvenirs que Bertrand Piccard va partager avec nous puisqu'il vient d'atterrir dans notre bivouac. 

En mars 1999, il se lance dans un nouveau tour du Monde en ballon

Bertrand Piccard : "Quand je me remets dans l'atmosphère de cette aventure. Je ne vois qu'un grand stress : les conditions météo étaient limites. On avait une fenêtre de six heures de temps. Trois heures avant le départ, il neigeait. Trois heures après le départ, il a recommencé à neiger. On n'était pas du tout sûr de réussir parce que Les vents allaient nous faire faire un grand détour au dessus de l'Afrique du Nord. Donc, c'était un petit peu à quitte ou double. Aujourd'hui je suis très soulagé, on a quand même fini par réussir."

En 1997, lors d'une précédente tentative, j'avais vraiment touché le fond du ridicule. 

Je me rappelle avoir donné une conférence de presse à peu près 170 journalistes à Châteaudun pour le départ. Je leur ai expliqué le plan de vol : deux semaines en l'air dans des jet stream. Et six heures après, je flotte en Méditerranée avec le ballon intégralement détruit. On avait eu une fuite de carburant à l'intérieur de la capsule. On avait dû interrompre le vol en catastrophe. Là, c'était vraiment difficile.

Mais ce qui m'a énormément touché, c'était de voir le soutien des partenaires. Tout le monde a dit : "la Terre ne s'est pas faite en un jour. On ne va pas faire le tour du premier coup. Recommençons et continuons !" Et ça a soudé l'équipe. 

Ca a fait rire beaucoup de monde. En particulier eux qui n'ont pas le courage d'essayer quelque chose. Ils se gorgent de plaisir à voir les échecs des autres. Ça les rassurent dans leur médiocrité. C'est normal, on passe tous par là.

1998, une nouvelle tentative

En 1998, nous savions que nous n'avions pas d'autorisation pour traverser la Chine et nous avons essayé de faire le tour de ce pays par le Sud et les vents étaient beaucoup trop lents. On s'est retrouvé à 25 kilomètres à l'heure au dessus de l'Inde, du Pakistan, et du Bangladesh. C'était un vol absolument magnifique mais ce n'était pas notre but. On a atterri en Birmanie à court de gaz.

Un ballon très particulier

C'est un ballon qui fonctionne sur le système inventé par Pilâtre de Rozier en 1783 : une enveloppe d'hélium au milieu avec autour une deuxième enveloppe avec de l'air chaud pour chauffer l'hélium. On a des brûleurs à propane que nous utilisons pendant la nuit. Et pendant la journée, le soleil suffit pour dilater l'hélium et garder la portance.

C'était un système qui permet d'avoir beaucoup plus d'autonomie que tous les ballons normaux. Et c'est ce qui nous a permis d'avoir vingt jours de vol. On est resté en l'air vingt jours sans arrêt, ce qui est le vol le plus long en distance et en durée de toute l'histoire de l'aviation. 

Il se pilote en montant et en descendant pour tourner à gauche et à droite. Ce sont les seules fonctions dont on dispose. Mais c'est déjà beaucoup parce que quand on a une bonne équipe météorologique comme ce que j'avais, nous avions avant de partir comme un filet tridimensionnelles de l'avenir. On savait pour chaque point de l'atmosphère s'il fallait monter ou descendre pour aller à gauche ou à droite. Et c'est ça qui permettait de viser des points, de garder notre trajectoire et finalement, de faire le tour complet de la planète."

La suite est à écouter...

L'aventure en direct

Alexandre Poussin continue son périple en famille à Madagascar. Son épouse Sonia nous parle de l'association Aïna enfance. Pour suivre les aventures de la famille Poussin, rendez-vous sur leur blog

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