Au ranch de Jimmy et Rosalynn Carter, qui n'est pas bien grand, on vit beaucoup dans la cuisine ; le vieux couple - 95 et 93 ans - aimait préparer ses repas seuls et fabriquer des yaourts - au beurre de cacahuète. La cacahuète, c'est la spécialité de Plains en Géorgie.

Jimmy Carter et son épouse Rosalynn dans une rue de Plains en Géorgie en 2018
Jimmy Carter et son épouse Rosalynn dans une rue de Plains en Géorgie en 2018 © Getty / The Washington Post

Au ranch de Plains en Géorgie

- Élections sénatoriales très importante aujourd'hui en Géorgie. Les candidats démocrates peuvent compter sur le soutien d'un couple de vétérans du Parti, Jimmy et Rosalynn Carter qui, dès leur départ de la Maison Blanche, il y a quarante ans précisément, sont revenus vivre dans leur ranch de Plains.

Estimé à 167 000 dollars, ce qui n'est pas beaucoup, par le "Washington Post" dans le dernier long article qu'il ait consacré à Carter en 2018. Certes, Carter dispose des moyens de travail et de protection que le gouvernement fédéral alloue aux anciens chefs d'état mais il s'arrange pour coûter deux fois moins cher que Clinton, Bush Jr ou Obama. Il est vrai qu'il a la réputation d'être passablement pingre. À moins que ce ne soit de la vertu.

Au ranch, qui n'est pas bien grand, on vit beaucoup dans la cuisine. Carter possédait une usine de traitement de la cacahuète qu'il dut vendre à son retour de la Maison Blanche tant elle était percluse de dettes. 

En 1981, nous avons cru nous retrouver sans rien 

- Rosalynn

Le mandat qui s'achève en 1981 a pu paraître calamiteux

Plombé dans sa dernière année par l'affaire des otages américains prisonniers à l'ambassade de Téhéran.

Peut-être mais même au Moyen Orient, avant le grand basculement de 1979 provoqué par la révolution khomeyniste, Carter avait remporté un succès à Camp David où il avait fait le médiateur entre Begin et Sadate. Dans le même style, après sa présidence, il a multiplié les missions de bons offices internationaux, au nom des droits de l'homme ou de la santé publique. Sa spécialité était de veiller à la véracité des élections dans le vaste monde. Personne n'aura l'idée de demander cela à Trump.

En fait, Carter, c'est le meilleur ancien président dont les Etats-Unis puissent rêver. Nulle conférence donnée en échange d'un chèque. Rien que des déplacements qu'il voulait utiles au bien commun. "Je n'ai jamais voulu tirer un avantage financier de mon séjour à la Maison Blanche", dit-il

Il a bien signé des contrats pour des livres

Pas qu'un peu. 33 livres mais lancés sans fracas, pas à la façon des Mémoires de Michèle puis Barack Obama. Parmi ces ouvrages, des livres religieux. Le jeune Jimmy a connu Rosalynn à l'église méthodiste unie de Plains et depuis la fin de sa présidence, il n'a pas beaucoup dérogé à sa foi puisque c'est à l'église baptiste à la périphérie de la ville qu'il a parlé plus de trente à fois depuis 1981 à l'école du dimanche.

La ville de Plains, un bon observatoire du vote de Géorgie aujourd'hui ?

Non, Carter y garde trop d'attraction et la proportion des noirs y est trop grande pour que Plains soit représentatif. La Géorgie, c'est un état disputé. Joe Biden l'a emporté mais d'un cheveu en novembre.

Le Parti démocrate a intérêt à y paraître les mailles serrées. Carter, au Washington Post, disait que sa principale erreur avait été de ne pas avoir accordé assez d'importance à l'unité du Parti démocrate. Elle est très difficile à faire. D'un côté, une gauche sociale qui réclame une politique d'égalité. De l'autre, une gauche des minorités qui promeut une politique de l'identité.

Carter a essayé de se tenir au centre de toutes ces contradictions. Joe Biden incarne la même position sauf que la sienne se confond davantage avec celle du vieil establishment démocrate riche et urbain. Le modeste entrepreneur de cacahuètes de Plains, Géorgie, n'a jamais risqué cette confusion.

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