La Maison Blanche a été désignée ainsi par son premier occupant, John Adams qui s'y installe au milieu des courants d'air à la fin de l'année 1800. La première pierre a été posée en 1792 et le chantier confié à un architecte irlandais John Hoban.

La façade de la Maison Blanche à Washington en 1865
La façade de la Maison Blanche à Washington en 1865 © Getty / Historical

-Pendant un siècle, la Maison Blanche n'était pas désignée comme telle. C'était le Manoir - Manoir présidentiel, manoir exécutif.

Ainsi était-elle désignée par son premier occupant, John Adams qui s'y installe au milieu des courants d'air à la fin de l'année 1800.

Dix ans plus tôt, les états du Nord et ceux du Sud s'étaient accordé pour choisit Washington comme nouvelle capitale. Pour compenser le départ des institutions fédérales de Philadelphie, l'adresse du manoir exécutif sera Pennsylvania Avenue.

La première pierre a été posée en 1792. Le chantier confié à un architecte irlandais John Hoban qui embauchera nombre d'esclaves prêtés par les propriétaires des états voisins du Maryland et de Virginie et aussi beaucoup d'immigrés européens, italiens notamment.

Les références à Rome sont d'ailleurs nombreuses dans le dispositif dessiné pour la ville nouvelle. Le manoir est installé délibérément en contrebas d'une colline où s'érige le bâtiment jugé le plus important et qui se nommera le Capitole.

Les murs extérieurs du manoir exécutif ne seront définitivement blancs qu'une fois achevés les grands travaux entrepris après l'incendie de 1814 : une nouvelle guerre anglo-américaine ayant alors éclaté, les Britanniques avaient occupé brièvement la capitale, pillé et incendié la Maison Blanche comme le Capitole. Dieu merci, Dolley Madison, la femme du président, avait mis à l'abri le portrait de Washington qui ornait la salle à manger : c’est peut-être l'objet le plus ancien conservé dans les murs de ce qu'on appelle officiellement la Maison Blanche depuis le début du XXème siècle seulement.

-Depuis les années 1960, existe un Comité qui a été mis en place pour la préservation de la maison Blanche.

C'est dans ce bâtiment que Trump a dû sentir dès les premières minutes qu'il ne pourrait pas tout faire. Quand on considère ses photos dans le Bureau ovale, on voit qu'à part les rideaux qu'il a voulu plus lourds, rien n'a changé dans le décor. Les mêmes signes doivent demeurer qui témoignent de la continuité du pouvoir transmis de main en main par les locataires de l'endroit.

Roosevelt avait fait tisser dans les rideaux de la salle à manger la formule d'Adams à son arrivée en 1800 « Je prie le ciel d'accorder sa bénédiction à cette maison et à tous qui l'habiteront. Que seuls des hommes honnêtes et sages règnent sous ce toit. »

-Roosevelt n'a pas fait grand-chose pour le bâtiment.

Sans doute avait-il d'autres soucis : la Grande crise, la Seconde Guerre.

Quand Truman survient en 1945, il est frappé par la vétusté du palais. Il est vrai que le président Coolidge, constatant déjà la même chose dans les années 20, avait mis au point un remède pire que le mal : le quatrième étage qu'il avait fait ajouter et le trop grand usage qu'il avait fait du fer et du béton avaient fragilisé le rez-de-chaussée et le premier. La baignoire de Truman s'enfonce dans le sol, un pied du piano de sa fille troue le plafond. Réélu, après une campagne acharnée, en 1948, Truman comprend qu'il faut évacuer les lieux d'urgence : "Après le mal de chien que je me suis donné pour rester dans cette fichue prison !" s'exclame-t-il. Il faudra plus de trois ans de travaux pour qu'il la retrouve, à peu près dans l'état où elle est, encore.

Au moins pendant qu'il vit dans une demeure provisoire, n'entend-il plus les craquements sinistres de plancher de la vieille maison.

-Ni le bruit qu'y font les fantômes.

Ceux de plusieurs présidents malheureux ou de first ladies mélancoliques.

Je n'ai pas parlé de Churchill depuis longtemps. L'hiver 41-42, il passe un quasi mois avec Roosevelt. Une légende veut que sortant nu de sa salle de bains il rencontre Roosevelt et lui dise : " Le Premier ministre de Sa Majesté n'a évidemment rien à cacher au président." Eh bien non, la vraie légende rapporte que c'est un fantôme qu'il a croisé.

-Et le fantôme de qui ? 

De Lincoln évidemment. A l'époque, la Maison Blanche n'était peuplée que de grands hommes.

Ouvrage :  Maurin Picard Le manoir, histoire et histoires de la Maison Blanche Perrin

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