Pourquoi ont-ils été si peu pris en compte dans la gestion de la crise ? Pour le pédopsychiatre Richard Delorme, les enfants sont les grands oubliés de la crise sanitaire causée par le Covid-19. Il s’inquiète des conséquences de la crise sanitaire actuelle sur la santé mentale des enfants.

L'angoisse et le stress des enfants face au contexte d'épidémie a-t-il peu été pris en compte ?
L'angoisse et le stress des enfants face au contexte d'épidémie a-t-il peu été pris en compte ? © Getty / Dobrila Vignjevic

Si on a beaucoup parlé de l’angoisse des parents de laisser leurs enfants retourner à l’école on a peu entendu les plus jeunes qui sont directement concernés et qui ne vivent pas forcément très bien cette sortie de la maison après cette longue période où beaucoup d’informations anxiogènes ont circulé. Pourtant, les spécialistes en santé mentale de l'enfant font à peu près tous le même constat. 

Le confinement est une situation à risque et il faut s'attendre à des retentissements prévisibles sur le plan psychologique, même si, pour le moment, nous disposons de peu d'études sur le sujet en France. 

Les Chinois ont déjà publié des travaux qui nous donnent déjà des indications

Une étude, par exemple, réalisée auprès de 2300 élèves chinois du primaire. Après trente jours de confinement, montre que 37 % d'entre eux étaient inquiets d'être atteints par le virus, 22% ont manifesté des symptômes dépressifs et 19% des symptômes anxieux significatifs. 

Une autre publication toujours réalisée en Chine sur des adolescents. Cette fois-ci pendant le confinement, montre une prévalence des symptômes dépressifs et d'anxiété autour respectivement de 43% et 37%. 

Toutes les études montrent que les périodes de quarantaine sont extrêmement délétères pour la santé mentale des enfants et que l'anxiété concerne, entre autres, la peur d'attraper le virus.

Mais aussi, en miroir, le stress des parents et la situation de la famille. L'incertitude financière est aussi une source très fréquente d'inquiétude pour les plus jeunes. Ces résultats suggèrent donc de porter une attention toute particulière à leur santé psychologique et de bien observer tout comportement inhabituel. Et nous verrons dans un instant avec notre invité ce qu'il faut surveiller en particulier. 

Est-ce que certains enfants ont beaucoup plus souffert que d'autres de cette période ? 

Oui, il y a bien sûr tous les enfants qui ont subi des violences domestiques et le nombre de cas s'est multiplié.

Les appels considérés comme urgents au 119, le Service national d'accueil téléphonique de L'Enfance en danger aurait augmenté de 60% ces dernières semaines sur le territoire. 

Aux Etats-Unis, les cas de violences domestiques ont aussi bondi dans de nombreux Etats du pays. 

Et bien sûr, les jeunes avec un handicap sévère ont aussi particulièrement souffert de la situation avec les écoles et les institutions qui ont fermé leurs portes brutalement, rendant le quotidien parfois catastrophique à gérer pour les familles.

La période qui arrive sera donc cruciale et va nécessiter une attention toute particulière concernant les enfants qui ont traversé, parfois avec de grandes difficultés, cette situation totalement inédite. 

Nous en parlons avec Richard Delorme, pédopsychiatre, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Robert-Debré et coordonnateur du Centre d’excellence pour les troubles du neuro-développement (InovAND)

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Les invités
  • Richard DelormeResponsable du Centre Expert FondaMental Asperger et chef du service de pédopsychiatrie de l'Hôpital Robert Debré
L'équipe
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