On s'intéresse à l'émergence de ces nouveaux virus dans l'environnement. Plus globalement, au le lien direct entre leur apparition avec la façon dont nous agissons sur les écosystèmes.

Ecologie, environnement et maladie
Ecologie, environnement et maladie © Getty / Andriy Onufriyenko

Nous en parlons avec Jean-François Guégan, écologue et parasitologue, directeur de recherches à l'INRAE et conseiller scientifiques de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Le virus au carré par Mathieu Vidard

Mathieu Vidard : " Je voudrais vous citer un exemple frappant qui illustre parfaitement notre sujet. Il y a quelques années, l'Inde a commencé à observer la disparition massive de ses vautours. Alors que dans les années 1980, on pouvait en compter plusieurs millions dans ce pays (Il faut savoir que les vautours ont toujours apprécié de vivre près des hommes où ils jouent un rôle très important de nettoyeur, des carcasses de bovins en particulier), à partir des années 1990, les scientifiques et les naturalistes ont commencé à remarquer une diminution très importante de leur nombre. 

Pourquoi ? 

L'explication donnée c'est que ces oiseaux ont été empoisonnés par un anti-inflammatoire qui était administré au bétail en dévorant les carcasses des bovins. Les charognards ont absorbé ce médicament et sont donc morts par millions. Une véritable hécatombe qui était à l'origine de graves problèmes d'ordre sanitaire et écologique. Comme les vautours ne faisaient plus ce travail d'équarrissage naturel, les carcasses ont commencé à pourrir sur les routes, les cours d'eau ont été contaminés, les chiens errants et les rats qui ont pris la place laissée vacante par les vautours se sont mis à propager le virus de la rage. 

Depuis, chaque année en Inde, on voit maintenant donc des dizaines de milliers de personnes qui meurent de cette maladie.

Tout cela parce que les vautours ont disparu à cause d'un médicament. 

On voit se développer depuis une cinquantaine d'années maintenant des virus émergents qu'on ne connaissait pas auparavant. Parmi eux, les tristement célèbres sida, fièvre hémorragique d'Ebola ou le SRAS. Et aujourd'hui, pour l'ensemble de ces maladies émergentes, résulte d'une transmission d'agents infectieux de l'animal à l'homme. Le coronavirus n'échappe pas à la règle. 

L'actuelle épidémie de coronavirus est directement liée aux modifications de l'environnement

Des travaux en cours de publication semble confirmer que le virus est extrêmement proche sur le plan génétique d'une espèce de pangolins qui est présente en Malaisie et qui est chassée pour être consommée notamment par les Chinois.

Cet animal serait l'hôte intermédiaire entre la chauve-souris porteuse du virus et les humains qui consomme du pangolins en modifiant les contacts entre la faune sauvage et l'humain. nous créons Les conditions écologiques propices aux nouvelles épidémies."  

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