En ce début d’année on parle emploi et en particulier emploi des jeunes. François Hollande a annoncé hier lors de ses vœux du Nouvel An un plan massif de formation des demandeurs d'emploi. "500.000 personnes de plus accompagnées vers les métiers de demain", et du côté des PME, de « nouvelles aides à l'embauche (...) dès le début de l’année".

Ecoutez ce que disait le président du Medef Pierre Gattaz à ce sujet sur RTL il y a quelques jours:

  • Ce que dit Pierre Gattaz c’est qu’il y a gros 4 fois moins d'apprentis en France qu'en Allemagne: entre 300 000 et 400 000 en France et 1 million 200 mille en Allemagne. C'est plutôt vrai, du moins en ce qui concerne le chiffre de l'apprentissage en France. Selon le ministère du travail, il y a en France environ 400 000 apprentis. En Allemagne, c'est légèrement plus que ce qu'affirme Pierre Gattaz. On compte un million et demi d'apprentis. C'est presque 4 fois plus que chez nous. C'est donc plutôt un vrai pour Pierre Gattaz..

Le patron du Medef affirme également que le taux de chômage en Suisse est très faible: 3% y compris le chômage des jeunes. Quel crédit peut-on accorder à cette affirmation ?

Là c'est plutôt faux. Alors les pays qui pratiquent l'apprentissage, Allemagne, Autriche et suisse, ces pays connaissent un taux de chômage des jeunes particulièrement faible. Mais le patron des patrons se montre un tout petit peu trop enthousiaste. Après vérification: les derniers chiffres du BIT, le bureau international du travail. En Suisse, le chômage touche 3% de la population, c'est quasiment le plein emploi, mais chez les moins de 25 ans, il monte tout de même à 6 et demi %. En Allemagne c'est presque 8%. Deux à 3 fois plus que ce qu'affirme Pierre Gattaz.. A comparer en France où 25% des moins de 25 ans est au chômage.

Chez nos voisins qui pratiquent l'apprentissage, le taux de chômage est seulement une fois et demie plus élevé que la moyenne des adultes. Si on se résume, en Suisse, comme en Allemagne, le taux de chômage des jeunes est bien en dessous de la moyenne européenne. Mais il est quand même 2 fois plus élevé que ne le dit Pierre Gattaz.

La baisse de novembre n'a profité qu'aux demandeurs d'emploi de catégorie A et n'a pas concerné les seniors.
La baisse de novembre n'a profité qu'aux demandeurs d'emploi de catégorie A et n'a pas concerné les seniors. © MaxPPP

On compare souvent les modèles allemands et suisses pourquoi ça marche si bien l'apprentissage chez eux et pas chez nous ? En France, l'apprentissage c'est très bien mais pas pour ses enfants. Dans le modèle français la filière d'excellence ça reste la filière générale, alors qu'en Allemagne comme en suisse, la voie professionnelle est la plus courante. Outre Rhin, 60% des moins de 20 ans partent en apprentissage, en suisse on compte 70 % d'apprentis chez les 15/16 ans. Alors qu'en France à peine 16% des bacheliers de l’enseignement professionnel obtiennent leur diplôme par la voie de l’apprentissage et le nombre d'apprentis est en recul. Le gouvernement s'est fixé un objectif : 500 000 apprentis en 2017. Mais il faudra d'abord que le secteur du bâtiment et de la construction reparte, ce secteur gros pourvoyeur de places pour les apprentis. On pourrait dire que si le bâtiment va, l'apprentissage aussi ira mieux.»

Plus d'info:

L’étude de l’Institut Montaigne sur l’apprentissage en France et Allemagne:

http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/apprentissage-un-vaccin-contre-le-chomage-des-jeunes

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