Dans le contexte du Brexit, on va parler calendrier avec François Fillon.

Le candidat à la Primaire Les Républicains s'exprimait mercredi lors du débat sur le Brexit à l’Assemblée :

L’urgence est de régler le cas britannique, le divorce doit etre serein mais rapide. Les 27 doivent faire pression sur les Anglais et se mettrent d’accord sur un délai qui ne peut pas aller au-delà de la fin de septembre.

François Fillon semble dire que le délai imposé aux Anglais pour déclencher le Brexit ne peut dépasser fin septembre. Or cela est faux, sur le papier pas de date butoir, pas de délai.

François Fillon en débat à l'Assemblée Nationale sur les suites du Brexit
François Fillon en débat à l'Assemblée Nationale sur les suites du Brexit © Maxppp / Thomas Padilla

David Cameron a déjà averti : Londres va prendre son temps avant de lancer la procédure de divorce. Le gouvernement sortant attend la Convention du parti conservateur début septembre. C'est peut-être d'ailleurs ce à quoi fait allusion François Fillon. En attendant aucune négociation n'est lancée du moins formellement avec les 27. Comme il s'agit d'un referendum consultatif, les Britanniques n'ont aucune obligation d'agir, sauf d'un point de vue démocratique.

Londres peut si elle le veut attendre des mois, voire des années avant de déclencher ce Brexit. Teresa May, l'actuel ministre de l'intérieur qui brigue le poste de premier ministre a déjà dit qu'il faudra d'abord consulter, pour élaborer une stratégie claire. D'après les experts de l'IFRI que j'ai contacté, la Grande Bretagne pourrait très bien ne pas lancer les négociations sur le Brexit avant la fin de cette année.

Et ce n’est pas facile de réduire ce délai, car on ne peut pas forcer les Britanniques à annoncer officiellement leur intention de quitter l'UE. C'est à eux de décider quand activer la procédure de retrait : l'article 50 du traité de Lisbonne. Un article qui n'a jamais été utilisé jusqu'à présent.

Une fois l'annonce du retrait, c'est un très long processus qui va commencer. La négociation entre le Royaume Uni et les 27 ne doit pas dépasser deux ans, mais on peut quand même la prolonger : il y a des dérogations si tous les pays membres sont d'accord.

En réalité il y a plein d'inconnues : les négociations seront longues, compliquées… pour finir par un divorce à l'amiable. A ce stade, personne ne sait comment s'y prendre. Si les négociations durent trop longtemps, d'autres pays pourraient être tentés de faire de même.

L’Europe peut faire pression, mais c'est une pression politique, elle n'a aucune arme juridique pour contraindre les Britanniques.

Certains, comme la chancelière Angela Merkel, sont très mesurés, tout comme les pays de l'Est, pas la peine de se précipiter selon eux.

A l'inverse la France et l'Italie sont plus pressés, tout comme la Commission européenne, ou le président du parlement européen. Cette division elle a été mise en lumière lors du conseil européen cette semaine. Les 27 ont demandé que l'article 50 soit activé dès que possible. Une formule plutôt floue, mais qui ne fâche personne....

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