Les européens se placent du côté du droit mais restent fermes

Hausse des taxes sur les Jean's Levis, mesure de rétorsion européenne après la décision de Donald Trump
Hausse des taxes sur les Jean's Levis, mesure de rétorsion européenne après la décision de Donald Trump © AFP / JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AF

Il y a un an jour pour jour Donald Trump dénonçait l'accord de Paris sur le climat. Un an plus tard autre geste de défi à l'égard des règles internationales. Des taxes supplémentaires sur les importations de pays allié Union Européenne, Canada, ou proche géographiquement, comme le Mexique.  +25% sur les importations d'acier. + 10 pour l'aluminium

Décision illégale, dit le président Emmanuel Macron. En tout cas contraire aux règles de l'organisation mondiale du commerce. Washington met en avant la sécurité des Etats Unis pour justifier ces taxes. C'est grotesque pour l'ancien patron de l'OMC Pascal Lamy. 

Quelle réponse européenne ?

Le ton est ferme, mais calme à paris comme à Berlin :  « le nationalisme économique c'est la guerre » pour Emmanuel Macron".  « Face à l'Amérique d'abord de Donald Trump, l'Europe sera unie » promet le gouvernement d'Angela Merkel. En résumé « l'Europe ne restera pas sans rien faire » promet Jean Claude Juncker le président de la commission européenne.

Dans les faits ? 

Les européens se placent du côté du droit : ils vont trainer les Etats unis devant l’OMC, l'organisation mondiale du commerce, mais cela peut durer des années. A moyen terme, ils vont prendre un certain nombre de mesures de sauvegarde pour préserver leur industrie. Et puisque les taxes américaines sont injustifiées, l’Europe a le droit d'augmenter les droits de douane sur des produits américains ciblés très symboliques, comme le jus d'orange de Floride, les motos Harley Davidson, les jeans Levi’s ou le whisky bourbon. Objectif : faire pression sur les parlementaires américains. Cette riposte européenne porte sur moins de 3 milliards de dollars, c'est environ 4 fois moins que ce que vient d'annoncer le Canada, mais la riposte européenne doit être strictement proportionnelle au tort subi. Là encore ce sont les règles du droit. Pas de surenchère, pas d'escalade, c'est la réponse du berger à la bergère.  

Le divorce Etats-Unis/Europe est-il consommé ?

L’Europe cherche des contre mesures, joue les pare feu pour ses entreprises exposées, mais ça va prendre du temps. Fera-t-elle contrepoids à « l'Amérique d'abord » brandit par le président américain Donald Trump ? Certains craignent un choc coûteux avec Washington, notamment l’Allemagne dont les exportations de voitures sont déjà dans le viseur de l'administration Trump. L’Union européenne affirme qu'elle ne négociera pas dos au mur. Elle se pose en garant du multilatéralisme, du libre-échange et négocie tous azimut des accords commerciaux avec les alliés des Etats unis, décontenancés par la politique de Washington : accord signé avec Japon, les discussions sont très avancés avec le Mexique, l’Amérique du sud,  ces discussions s'engagent avec l’Australie et la nouvelle Zélande. Bref si en interne, l'Europe est secouée de toute part, à l'extérieur le Vieux continent se veut un pôle de stabilité dans la mondialisation entre la Chine et les Etats unis .

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.