On reparle du froid et de l'hébergement d'urgence des sans-abris avec cette déclaration de l'eurodéputé Front national Florian Philippot sur Europe 1 lundi dernier :

Florian Philippot parle d’une directive européenne qui oblige à loger les demandeurs d'asile dans des centres d'hébergement d'urgence. Vrai ou faux ?

Faux. Le droit d'asile est un droit fondamental, inscrit dans la Constitution. La France s'y est engagée bien avant cette directive européenne, puisqu'elle a signé en 1951 la Convention de Genève sur les réfugiés. Cela ne date donc pas d'hier.

Que dit la directive européenne de 2003 dont parle Florian Philippot ? Elle précise les conditions minimum d'accueil pour les réfugiés, mais sans leur donner aucune priorité comme le suggère l'euro député Front National.

Le texte européen rappelle simplement qu'entasser les gens dans des hangars pendant des mois et des mois, ce n'est pas très satisfaisant, mais il n'impose pas de les loger ici ou ailleurs.

En principe, à leur arrivée en France, les demandeurs d’asile sont en principe hébergés dans des centres d'accueil spécialisés, où ils sont accompagnés pour remplir toutes les démarches. Le problème, c'est que la place manque, rappelle

Christophe Robert le délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre :

l'hébergement d'urgence se fera désormais tout au long de l’année
l'hébergement d'urgence se fera désormais tout au long de l’année © reuters

Les centres d'hébergement refusent-ils du monde à cause des demandeurs d'asile ?

Là où Florian Philippot dit vrai, c'est qu'il y a bien un problème de place dans les centres d'hébergement d’urgence. Il y a déjà eu plusieurs décisions de justice sur la question, le Conseil d'Etat a également statué.

Conclusion : en France, l'hébergement d'urgence est un droit sans condition. Le seul critère de priorité, c'est la vulnérabilité des personnes, comme les enfants, les femmes enceintes, ou les personnes malades, mais aucunement le statut de demandeur d'asile, voire la nationalité.

Dans les faits, la Fondation Abbé Pierre constate même que face à la pénurie dans les centres d'hébergement d'urgence, les consignes officielles tendent plutôt à faire passer en dernier les étrangers en situation irrégulière et les réfugiés.

Il y a déjà eu plusieurs rapports parlementaires sur ce problème de l'asile et ils préconisent en général de renforcer le nombre de place dans les CADA (les centres d'hébergement spécialisés). Mais pour l'instant ils sont restés lettre morte.

Rappelons que l'an dernier, à peu près 66.000 personnes ont demandé l'asile en France. C’est un peu moins qu'en 2013 et 3 fois moins qu'en Allemagne.

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