Les écarts de salaires vont de 1 à 10 dans l'Union européenne. La France se classe 5ème

Marche de protestation des travailleurs européens pour de meilleurs salaires à Bruxelles, avril 2019.
Marche de protestation des travailleurs européens pour de meilleurs salaires à Bruxelles, avril 2019. © AFP / ROMY ARROYO FERNANDEZ / NURPHOTO

Si on prend le coût global de la main d'œuvre (salaires et cotisations) ce n'est pas en France que les salaires sont les plus élevés : la France se classe 5ème, selon l'institut des statistiques européens Eurostat, derrière le Danemark, le Luxembourg ou la Belgique. L'Allemagne est 8ème en termes de coûts de salaires horaires. 

En Europe, les écarts de salaire sont énormes : la proportion va de 1 à 10 entre le Danemark et la Bulgarie. Très concrètement : une entreprise peut embaucher 12 travailleurs bulgares pour le cout d'un Danois. Le fossé reste énorme, même s'il faut rappeler que le niveau de vie n'est pas le même dans les deux pays. 

Le grand écart est/ouest 

C’est vrai que les pays de l'est, voire les pays d’Europe du sud ... les pays du club Med comme disent avec un peu de mépris leurs voisins du nord, ils n'ont pas rattrapé complètement leur retard. Mais surtout, les pays de l'est ne sont pas très pressés de réguler ce qui est un avantage compétitif pour leurs entreprises. Ceci dit, on observe depuis 15 ans un rattrapage des salaires : vu la pénurie de main d'œuvre à l'est, les salaires remontent : en 2004, les salaires danois étaient 18 fois plus élevé que les salaires bulgares, aujourd'hui l'écart n'est plus que de 1 à 8. 

Smic européen, la solution ?

Toute le problème est de savoir à quel niveau le fixer ce smic : en Grèce, le smic s'élève à 650 euros brut par mois ou au Luxembourg, il est de 2000 euros brut (le pays où le SMIC est le plus élevé d'Europe) ? En la matière aussi, l'écart tend à s'estomper : de nombreux pays sont en train de relever leurs salaires mimimaux : la Grèce, mais aussi l’Espagne (+22% cette année) ou le Portugal. Après des mois de débats, les pays de l'est font de même : les gouvernements tchèques, polonais, ou hongrois viennent de décider de suivre le mouvement. 

Dumping social : que fait l'Europe ? 

C'est long et douloureux, mais disons qu'il y a des avancées : l’Union européenne vient de se doter d'une Autorité européenne du travail pour améliorer les contrôles des inspecteurs du travail. Il existe depuis 2018 un socle des droits sociaux, mais aucun de ces dispositifs n'est contraignant. Le social, ça reste principalement du ressort des Etats or ils ne sont pas d'accord entre eux : en France on veut harmoniser les règles européennes alors que dans les pays scandinaves on laisse cette charge aux syndicats et aux entreprises. Quant aux pays d’Europe orientale ou du sud ils ne sont pas franchement pressés de perdre leurs avantages « prix ». Ça ne veut pas dire qu'il ne se passe rien, mais les décisions prennent beaucoup de temps : il aura fallu plus de 5 ans pour mettre fin au dumping social. Le parlement européen vient d’adopter la directive qui réglemente le travail détaché dans le transport routier

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