Contribution universelle ou redevance ? Quel modèle européen pour financer l'audiovisuel public ?

Avec la multiplication des smartphones et tablettes, la redevance tv/radio est de plus en plus réformée pour devenir une contribution universelle
Avec la multiplication des smartphones et tablettes, la redevance tv/radio est de plus en plus réformée pour devenir une contribution universelle © AFP / JOSEP LAGO / AFP

139 euros, c'est le montant de la redevance audiovisuelle en France. Il augmente régulièrement mais les Français sont finalement mieux lotis que la plupart de leurs voisins selon un rapport de l'Observatoire européen de l'audiovisuel : "Les Danois payent 326 euros, la redevance suisse se monte à 380 euros, 215 euros en Allemagne".

Attention, les modes de calcul de la redevance diffèrent : dans certains pays, la taxe s'applique aussi aux smartphone et tablettes, c'est le cas au Danemark, en Autriche. Au Portugal, elle s'applique en plus aux résidences secondaires (ce qui n'est pas le cas en France). En Finlande, elle dépend des revenus. En Grande-Bretagne, elle est gratuite pour les plus de 75 ans. 

Pas de modèle unique européen 

Là encore, pas d'harmonisation européenne, plusieurs modèles cohabitent. Poussés par les nouveaux usages numériques, plusieurs pays ont déjà réformé leur redevance. Elle est remplacée par une contribution obligatoire et universelle. C'est le cas depuis 2013 chez nos voisins d'Outre-Rhin. En Allemagne, chaque logement paye une seule taxe, peu importe le nombre d'écrans, alors qu'en France seuls payent la redevance, ceux qui ont un poste de télévision... et à la condition qu'ils acquittent la taxe d'habitation. En Italie, les usagers payent la redevance avec leur facture d'électricité. 

Impôts ou publicité ? 

Dans quelques pays, c'est l'essentiel des financements de l'audiovisuel public, comme en Grande-Bretagne. En France, la redevance (à peu près 4 milliards d'euros) finance à 90% le budget de Radio France, et à 80% celui de France Télévisions, mais aussi dans une moindre mesure Arte, France Media Monde, TV5 Monde et l'INA. Le reste, c'est la publicité/les parrainages qui l'apportent ou en télévision, la vente des productions maisons... Une publicité régulièrement pointée du doigt, par les concurrents privés ; ils dénoncent une distorsion de concurrence. Et certains pays comme l'Espagne ont même interdit toute publicité sur les médias publics. 

Trop coûteuse la télévision publique ? 

Aucun pays n'échappe au débat, comme le montre le référendum suisse. En mars 2018, nos voisins ont refusé de supprimer la redevance : 71% ont voté contre. A Chypre et en Hongrie, c'est l'inverse, la licence télé a été supprimée. Pour certains, la solution c'est de fusionner les radios et les télés publiques, faire la chasse aux économies. Ça fait bien longtemps que la BBC a commencé, mais le mouvement en Europe est général. Un paradoxe alors que l'intérêt pour les programmes de service public se maintient partout sur le continent. La BBC est toujours considérée comme LA source la plus fiable pour s'informer. Les fake news (ou les infox) ont sans doute redonné du peps et de la légitimité à l'audiovisuel public.  

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