On reparle cette semaine de Schengen avec les propos de Jean Christophe Lagarde le président de l'UDI, concernant les visas Schengen sur I-Télé :

Quand vous avez un visa Schengen, vous avez la possibilité de vous installer ensuite dans un autre pays, ce qui n'est pas normal, ce qui n'est pas sain, puisqu'il y a des pays qui ont besoin de faire venir des gens de l'étranger, et d'autres qui n'en ont pas besoin, ça devrait s'organiser plutôt que de se subir.

Accords de Schengen, 30 ans plus tard
Accords de Schengen, 30 ans plus tard © France Inter
  • Avec un visa Schengen on peut s'installer dans n'importe quel pays, dit le président de l'UDI. Vrai ou faux ?

Plutôt Faux. Jean Christophe Lagarde parle des immigrés qui s'installent, donc en principe, d'une immigration de travail. Or les visas Schengen ne servent que pour des séjours très courts, trois mois maximum. Le visa Schengen, c'est le visa de tourisme, le visa qu'on utilise en cas de voyage d'affaire, ou pour suivre une formation courte. Alors c'est vrai que durant trois mois, ce visa Schengen permet de voyager librement entre les différents pays de l'espace Schengen : ils sont 26 au total, 22 font partie de l'Union européenne et quatre sont extérieurs (l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein). Autrement dit, on ne peut pas vraiment parler d'une installation. Jean Christophe Lagarde que j'ai contacté reconnait lui-même qu'il s'agit d'un abus de langage.

  • Jean Christophe Lagarde fait allusion à une immigration de travail. Y a-t-il des règles en Europe lorsqu’il s’agit d'immigration économique ?

Actuellement ce sont les Etats qui décident. Par exemple : si un marocain veut s'installer en France, il doit alors obtenir un titre de séjour et un permis de travail, auprès de la préfecture. Rien à voir avec l'Europe. Ce titre de séjour, il vaut pour deux, trois ans voire maximum dix ans, mais uniquement en France. Cela dit, avec ce titre de séjour français, il peut très facilement se déplacer dans toute la zone Schengen, en principe pour des durées très courtes (3 mois maximum). Ce que Jean Christophe Lagarde laisse entendre c'est qu'on peut assez facilement contourner ces obligations.

  • L’immigration choisie en Europe, est-ce que ça existe ?

L'immigration, c'est une question hautement sensible. Chaque pays freine des quatre fers lorsqu'il s'agit de décider ensemble. C'est une question de souveraineté, mais aussi de besoin. En Allemagne ou il va manquer 200 000 salariés qualifiés cette année, les besoins sont forts. En France, vu le chômage de masse, c'est moins le cas. Aujourd'hui, malgré tout l'Europe a mis en place un permis de travail européen et même une Blue card, sur le modèle de la Green Card américaine qui fait tant rêver les migrants.

Cette Blue card existe depuis 2012. Mais elle est réservée à des travailleurs immigrés hautement qualifiés .

Vu ses besoins de main d'œuvre (il pourrait manquer près de 2 millions de travailleurs en 2020), l'Allemagne a décidé d'abaisser les barrières à l'entrée. Elle accepte des travailleurs moyennement qualifiés pour des postes d'aide soignants, par exemple. Alors qu'en France, il faut gagner au moins 50 000 euros par an pour prétendre à cette Blue card. Sans surprise, c'est en Allemagne que cette Blue Card a le plus de succès. 12 000 l'an dernier, pas énorme, mais par comparaison c’est 20 fois plus qu'en France.

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