Centrale nucléaire de Doel, en Belgique
Centrale nucléaire de Doel, en Belgique © Torsade de Pointes /

La nouvelle est un peu passée inaperçue cette semaine, éclipsée par la crise de la zone euro et l’annonce d’un référendum surprise en Grèce.

Et ce n’est pas le premier pays d’Europe qui abandonne l’atome.

Après l’Allemagne et la Suisse, c’est au tour de la Belgique de renoncer au nucléaire. En 2025, les 7 réacteurs du royaume auront cessé de fonctionner. Les Belges dépendent du nucléaire pour 55% de leur électricité, contre près de 80% en France.

La question est la même qu’ailleurs : qui va fournir le courant ? A part quelques éoliennes, les énergies renouvelables ne sont pas très développées outre Quiévrain. Les autorités belges reconnaissent qu’elles n’ont d’ailleurs pas de plan de rechange précis. Mais pour les écologistes, il fallait donner un signal fort : cette annonce doit permettre d’investir dans d’autres secteurs et de créer de l’emploi, comme en Allemagne.

  • En Allemagne justement, quelles sont les conséquences de ce renoncement au nucléaire ?__

Le pari est énorme, car près d’un quart de la production d’électricité outre Rhin provient du nucléaire. Il est vrai que côté énergies vertes, les Allemands ont déjà passé la vitesse supérieure. L’objectif, c’est que dans 40 ans, 80% de la production d’électricité provienne de ces énergies renouvelables. Des scientifiques planchent sur le photovoltaïque et les parcs éoliens géants en mer du nord. Mais ce n’est pas tout : Berlin parie aussi sur les énergies fossiles, le charbon et le gaz très polluants au grand dam des écologistes et au risque d’une plus grande dépendance à l’égard des importations de Russie. Le premier test aura lieu cet hiver.

Déjà, l’arrêt des huit plus vieux réacteurs allemands oblige à importer de l’électricité au prix fort. Il ne manque pas de Cassandre pour prédire des coupures ou des importations massives d’électricité nucléaire au moment des grands froids. De quoi déséquilibrer, aussi, l’approvisionnement de ses voisins, comme la France, qui importe de l’électricité nucléaire allemande lors de ses pics de consommation.

- D’autres de nos voisins européens ont tourné la page du nucléaire ?

Depuis l’accident nucléaire de Fukushima, la Belgique est le troisième pays fondateurs de l’Union européenne à opérer une telle volte face. L’Allemagne a été la première, le 30 mai, à annoncer la fermeture de ses 17 réacteurs d’ici 2022. En Suisse, ce sera pour 2034. Les Italiens, qui n’ont pas de centrales, se sont engagés lors d’un référendum à ne pas relancer leur programme nucléaire. Quant à l’Autriche, cela fait belle lurette qu’elle l’a stoppé.

Face à ces pays qui renoncent à l’atome, la France et le Royaume-Uni restent d’ardents partisans du nucléaire et les récents tests de résistances demandés par la Commission européenne les ont confortés. Six réacteurs sont d’ailleurs actuellement en construction : deux en Slovaquie, deux en Bulgarie, un en France et un en Finlande.

Bref, avec ses 82 centrales et ses 143 réacteurs en activité, plus du tiers du parc mondial, l’Europe est et reste de très loin le continent le plus nucléarisé.

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