Conclu sous la présidence allemande de l'UE, l'accord de principe risque de mettre du temps avant d'être finalisé

Rassemblement à Paris en juillet 2020 pour soutenir les Ouighours détenus dans des camps en Chine
Rassemblement à Paris en juillet 2020 pour soutenir les Ouighours détenus dans des camps en Chine © AFP / JÉRÔME LEBLOIS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Deux accords européens d’envergure ont marqué la période des fêtes de fin d’année : le Br exit et l’accord UE/Chine autour des investissements. Un accord censé ouvrir le marché chinois aux entreprises européennes. 

Il a fallu 7 ans et c’est sous la présidence allemande de l'UE que la chancelière Angela Merkel a conclu cet accord de principe avec la Chine. Ce n’est pas un hasard, l’Allemagne en sera la principale bénéficiaire, Pékin est son premier partenaire commercial.  En pleine crise du COVID, les milieux d’affaires européens poussaient également pour resserrer les liens avec l’un des rares pays qui échappe à la récession mondiale.  Pékin fait des concessions sur la protection de la propriété intellectuelle, les aides d'Etat, l'ouverture de son marché aux  investisseurs européens, dans les secteurs de la santé, bénéfique pour la France et ses maisons de retraite. Ou encore les véhicules électriques, ce qui profite à l'industrie allemande. 

Quel avantage pour la Chine ?

Le marché européen est déjà largement ouvert aux chinois mais sans promesse de bénéfices, Pékin n’aurait pas signé. Pékin gagne un plus large accès au marché européen des énergies renouvelables, mais c’est surtout une victoire diplomatique. L’Europe prend position dans la guerre économique engagée par Donald Trump contre la Chine.  Dans cette période de transition : le président sortant ne peut plus guère que menacer l'Europe de représailles, la future administration démocrate ne peut que s'étonner de cet accord conclu en fin d’année sans les consulter. Mais pour Bruxelles il ne fallait pas tarder, car les entreprises européennes sont moins bien traitées en Chine que les américaines. 

Pourtant il y avait des fortes oppositions ? 

On peut se demander si c’est bien dans l’intérêt de l’Europe. Dans une carte blanche, publiée dans Le Figaro des chercheurs de toute l'Europe mettent en garde : "conclure cet accord maintenant offre une victoire symbolique à la Chine, qui rendra plus difficile  à l’avenir les actions de l’Europe sur d’autres sujets cruciaux". L'Italie, Pologne, Belgique et Italie font part de leurs réticences, mais  il aura suffi de quelques vagues promesses de Pékin contre le travail forcé pour balayer ces réticences. D'ici la conclusion de l'accord (pas avant 2 ans) le parlement européen aura son mot à dire, car il a sur le sujet un droit de veto. Il ne sera sans doute pas facile de trouver une majorité sans les socialistes et les Verts qui ont voté il y a quinze jours une résolution d’urgence contre le travail forcé de la minorité ouighour. 

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