Retour sur les propos de Rachida Dati : l'eurodéputée Les Républicains est favorable à des quotas de migrants en Europe, comme le propose la Commission européenne. Selon elle, il faut répartir la charge. Elle l’a expliqué sur i> télé :

0'20

Le cinq sept 2013 - BOB 2/5 Vrai faux europe DATI

Rachida Dati affirme que 5 pays en Europe récupèrent 80% des migrants :vrai ou faux ?

Rachida Dati épingéle par la Cour des Comptes
Rachida Dati épingéle par la Cour des Comptes © MaxPPP/Thomas Padilla

Faux, mais Rachida Dati n'est pas très loin du compte : les derniers chiffres des demandeurs d'asile fournis par l'institut des statistiques européens Eurostat, montrent que 5 pays concentrent la grande majorité des demandes d'asile.

Il s'agit, par ordre décroissant, de l'Allemagne (un tiers des demandeurs), puis de la Suède, de l'Italie, de la France et de la Hongrie. Mais si on fait les comptes en additionnant toutes ces demandes, on tourne plutôt autour de 70%.

Pour atteindre la fourchette fixée par Rachida Dati, il faudrait ajouter deux pays supplémentaires, le Royaume Uni et la Belgique. Ce sont donc 7 pays qui se répartissent la charge de ces réfugiés en Europe et non 5. C'est donc un plutôt un « faux » pour Rachida Dati. Au total sur les 28 Etats, 14 pays accueillent des réfugiés et 14 ne font rien. La solidarité est donc très inégalement partagée.

Les causes de cette inégalité, selon Rachida Dati, c'est le règlement européen Dublin 2. En quoi ça consiste ?

Ce règlement européen date de 2003 et comme le dit très bien Rachida Dati, il oblige les migrants à faire leur demande d'asile dans le premier pays d'entrée lorsqu'ils arrivent en Europe. L'idée de départ, c'est d'éviter que certains ne présentent la même demande d'asile dans plusieurs pays. Le problème, c'est que ce règlement met une pression très forte sur les pays du Sud (la Grèce, l'Italie, ou Malte), les pays les plus proches des côtes africaines ou du Moyen Orient, où les migrants finissent par s'entasser dans des centres d'accueil débordés.

Mais il y a d'autres raisons à cet échec. Selon les experts que j'ai contactés, quand les réfugiés affluent en Allemagne ou en Suède, pays qui ne sont pas en bordures de la Méditerranée, c'est aussi parce qu'ils jugent que les conditions d'accueil sont meilleures, ou qu'il existe une communauté qui peut les aider. Ce règlement Dublin 2 ne suffit pas tout seul à expliquer l’inégalité de la charge des réfugiés en Europe.

La Commission européenne, par exemple, veut essayer de mieux répartir la charge. L'idée de la Commission –et cela concerne uniquement les demandeurs d'asile qui fuient la guerre dans leur pays (par exemple, les Syriens- c’est de proposer une clé de répartition sur la base de critères objectifs (population, taux de chômage, ou richesse). Une telle répartition est déjà prévue depuis 2001 en Europe. Après les guerres de l'ex Yougoslavie, les gouvernements européens ont adopté une directive, mais cette directive n'a jamais été appliquée, rappelle Mathieu Tardis, chercheur à l'IFRI :

0'35

Le cinq sept 2013 - SON Mathieu Tardis Vrai Faux Europe

Bis repetita, donc. La balle est dans le camp des Etats qui la renvoient à la Commission. La partie peut durer longtemps.

Pendant que les bateaux de réfugiés continuent de s'échouer sur les côtes de la Méditerranée.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.