Selon le cabinet Equileap, les grandes entreprises françaises cotées en bourse, plus vertueuses qu'ailleurs en Europe.

Aux Elles Festival jusqu'au 1er mars 2020 à Ground Control avec plusieurs associations et entreprises feministes
Aux Elles Festival jusqu'au 1er mars 2020 à Ground Control avec plusieurs associations et entreprises feministes © AFP / LOLA LOUBET / HANS LUCAS

L'étude menée par l'organisation Equileap (ici en anglais) en 2019 porte sur dix pays en Europe. Ces 255 grandes entreprises cotées au CAC 40, ou au Dax 30 en Allemagne sont analysées en fonction de 19 critères : du nombre de femmes occupant des postes à responsabilités au congé parental, en passant par la flexibilité des horaires et des lieux de travail. Résultat  la France fait mieux que la Suède et l'Allemagne. Sur les 10 entreprises les mieux notées, on trouve 8 françaises : L’Oréal et Kering, les 2 géants du luxe caracolent en tête du classement européen.  

Des quotas de 40% dans les CA en France et en Norvège 

Première explication : le taux d'activité des françaises est l'un des plus élevés de l'UE. De plus, s'il n'y a aucune femme à la tête d'une entreprise du CAC 40, elles sont nombreuses à siéger dans les conseils d'administrations. Depuis 2011, la loi a introduit des quotas de 40% de femmes dans les CA. Résultat sur 100 administrateurs en France,  44  sont des administratrices. La mesure a largement prouvé son efficacité en Norvège également. En revanche, en Allemagne où l’obligation n'est que de 30%,  "on ne peut pas parler de réelle parité dans les instances dirigeantes" selon Diana van Maasdijck, directrice générale d'Equileap.

Des bémols ? 

Ce bon résultat doit être nuancé selon elle, car juste en dessous, dans les comités exécutifs, et aux postes à responsabilité, les rangs des femmes sont plus clairsemés. À peine un quart des cadres dirigeantes en France, comme en Suède. Au niveau européen, c'est 16%. Dans l'ensemble, les résultats de l'étude commandée par la Commission européenne sont décevants : à peine une entreprise sur 10 en Europe affiche l’objectif de réduire les écarts de salaire. Les plus vertueuses sur ce sujet sont italiennes et espagnoles. A peine une grande entreprise sur deux lutte contre le harcèlement sexuel. Enfin déplore Equileap, beaucoup d'entreprises rechignent à publier ces informations. Ça pourrait changer, car la parité est un élément important dans les choix d'investissements du monde de la finance : les banques UBS et Rothschild intègrent déjà ces indicateurs dans leurs résultats financiers. Aujourd’hui les entreprises en sont de plus en plus conscientes, l'égalité au travail influe sur leurs performances. 

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