Ce matin on parle euro, croissance et compétitivité. Exemple scandinave à l'appui. L'eurodéputé Front National Florian Philippot déclarait : " En Finlande ils ont l'euro, ils ont 0,7% de croissance. Juste à côté pays comparable la Suède qui n'est pas dans l'euro, elle a cinq fois plus de croissance : 3,5% par an. L’euro c'est un problème de compétitivité".

La croissance en Finlande est-elle cinq fois moins forte qu'en suède comme l’affirme Florian Philippot ?

C'est plutôt vrai. Même si Florian Philippot minimise un peu l'écart. En 2015, le Royaume de Suède qui fait partie de l'Union Européenne (mais pas de l'euro) affiche une croissance de plus de 4%, alors que la Finlande ne dépasse pas un demi-point de croissance. Là je me base sur les données compilées par l'institut Eurostat. Mais l'économie suédoise est plus dynamique encore que ce qu'affirme Florian Philippot. 8 fois plus que la Finlande et non 5 fois plus. Un véritable boom : car en un an, la croissance suédoise a pratiquement doublé. Florian Philippot devrait donc un peu réviser ses chiffres.

D'après les experts suédois que j'ai contacté, leur croissance repose surtout sur l’économie très ouverte de la Suède : ce petit pays de 9 millions d'habitants tire la moitié de sa richesse de ses exportations. Il dépense plus que la moyenne européenne pour la recherche et le développement. Dans des domaines à fort potentiel, la pharmacie ou les technologies vertes. Des produits à forte valeur ajoutée. De plus l'an dernier l'économie suédoise a surfé sur la reprise aux états unis, mais aussi en Allemagne, elle a profité des taux d'intérêts très bas.

Alors c'est vrai que dans les années 2010,2013, lorsque l'euro était fort et la couronne suédoise plus faible, cela a pu aider les exportations, reconnaissent certains experts. Mais comme la Suède exporte surtout des produits haut de gamme, forcément plus cher, l'argument du prix n'est pas primordial.

A l'inverse, la Finlande qui donc est dans l'euro, doit sa croissance un peu atone à trois facteurs : d'abord les sanctions européennes qui frappent la Russie, son premier partenaire commercial. Il y a aussi la vente de son fleuron numérique Nokia à Microsoft et la crise du secteur du bois et du papier. Bref l'argument de la monnaie unique ne tient pas vraiment. Par ailleurs on peut rappeler que l'euro n'est pas forcément synonyme de perte de compétitivité puisque les troischampions européens de la croissance devant la Suède, ces trois pays, ils sont dans l'euro. Il s'agit de l'Irlande, des Pays-Bas et du Luxembourg.

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