Une étude de l'INSEE a été publiée cette semaine sur la natalité des Français. Eric Ciotti, député Les Républicains, était ce mercredi l’invité de LCI et voici ce qu'il disait à ce sujet :

Aujourd'hui on a les chiffres de la natalité pour 2015 : c'est la première fois depuis un quart de siècle que la natalité baisse en France. C'est une faiblesse. Par rapport à l'Allemagne la France avait un atout, c’était la force de sa natalité. Notre population continuait à augmenter là où elle régressait en Allemagne. Aujourd'hui, c'est l'inverse.

Premièrement, Eric Ciotti affrime que la natalité baisse en France en 2015 : vrai ou faux ?

natalité stable au sein de la population française en 2012
natalité stable au sein de la population française en 2012 © reuters

Plutôt vrai, même s'il ne s'agit pas de chiffres définitifs, mais des chiffres provisoires sur les 9 premiers mois de cette année. Ces chiffres sont publics, je les ai consultés sur le site de l'INSEE. C’est vrai que le nombre des naissances diminue. Si l’on arrête les comptes au mois de septembre, on tombe à 569 000 naissances, contre un peu plus de 584 000 il y a un an, sur la même période.

C’est à peu près 2% de moins d’un an sur l’autre. Et comme on risque fort de ne pas rattraper le retard d'ici fin décembre, le nombre des naissances sera donc sans doute en baisse de 20.000 en 2015.

Cette baisse de la natalité est une première en 25 ans, selon Eric Ciotti

Faux.Ce n'est pas la première baisse de la natalité. Depuis 1975, tous les démographes s'accordent à le dire : la natalité en France est plutôt stable, autour de 750 000 naissances par an. Mais avec des hauts et des bas, des années fortes et des années faibles.

En 2008 par exemple, lors du dernier boom, on a frôlé les 800 000 naissances. Mais depuis, cela baisse régulièrement. Selon certains démographes de l'INED que j'ai contactés, si la tendance se confirme, cette année on devrait en fait plutôt retrouver le même niveau qu'en 2002. Ce n'est donc ni la première baisse de la natalité et sans doute pas la dernière...

Le député Les Républicains affirme que la tendance démographique s'inverse avec l'Allemagne: vrai ou faux ?

A ce stade, rien ne permet de le dire qu'on est en train de vivre un changement démographique. Ce qui frappe, c'est plutôt de voir à quel point notre fécondité reste stable et élevée, contrairement à nos voisins européens.

La dernière étude de l’INSEE vient de le confirmer cette semaine : malgré la crise, notre taux de fécondité reste à 2 enfants par femme, très loin devant celui de l'Allemagne.

Pour l'INSEE c'est dû à notre politique de la famille, aux modes de garde des jeunes enfants, au faible coût de l'éducation dès 3 ans, notamment. Pas sûr que la fiscalité y change grand-chose. Les dernières mesures du gouvernement, comme la réduction des allocations familiales ne sont entrées en applications l’été dernier et elles ont surtout frappé les ménages avec des revenus moyens voire supérieurs.

Aujourd’hui, il est beaucoup trop tôt, pour savoir si ces ménages ont décidé de retarder leur désir d'enfants. Par ailleurs il est tout à fait possible que la natalité reparte brusquement à la hausse. Comme en 2006 par exemple, on avait compté 20 000 naissances de plus... à peu près ce qu'on va perdre cette année.

> L'Insee Résultats N° 167 Société - avril 2015 sur la situation démographique en 2013

Les données consolidées pour 2015 seront présentées lors du prochain bilan démographique de l’INSEE en janvier 2016, et les données définitives feront l'objet d'une publication au cours du second trimestre 2016.

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