54 jours en Finlande. Aucun en Croatie, l'Europe à la carte en attendant la directive européenne sur le congé paternité.

En Finlande, les papas bénéficient de 9 semaines de congé de paternité, payé 70%.
En Finlande, les papas bénéficient de 9 semaines de congé de paternité, payé 70%. © AFP / Tiina & Geir / Image Source / Image Source via AFP

A partir de juillet prochain, la durée du congé paternité passe en France de 11 à 25 jours (auxquels s'ajoutent 3 jours pour naissance en entreprises), dont 7 obligatoires. Imposer des ongés obligatoires pour le père, cette solution assez radicale n’existe que dans très peu de pays européens : le Portugal impose 2 semaines de congé au père, l’Italie (5jours) et la Belgique (3 jours). Une obligation qui sert surtout à faire de l'exception une norme, à banaliser la prise de congé pour le père, afin de réduire l’inégalité entre salarié hommes et femme à la naissance d’un enfant. Un droit qui ne va pas toujours de soi. Actuellement, en France seul 7 père sur 10 en France utilisent cette possibilité. Et la rémunération est au coeur du sujet. Lorsque ces congés sont mal rémunérés, ce sont en priorité les femmes qui mettent entre parenthèses leur carrière. En France, selon l’OCDE,  seuls 4% des pères demandent un congé parental, payé un tiers du Smic.

La France bientôt dans le peloton de tête européen ? 

Certains de nos voisins ont déjà pris pas mal d'avance. Sans surprise, si on veut pouponner longtemps, mieux vaut habiter un pays nordique. En Suède, depuis 1974,  le père et la mère se partagent un congé parental d'un an et demi. 480 jours, payés à 80%. Chaque parent prend deux mois ; le reste est à répartir comme ils veulent. Autre pays très généreux, la Finlande, où les papas bénéficient de 9 semaines de congé de paternité, payé 70%. Dans les pays du Sud du continent, l'Espagne et le Portugal sont à la pointe. Ainsi chez nos voisins ibériques le congé paternité dure-t-il 8 semaines. Cette durée devrait doubler en principe l'an prochain de sorte que les pères espagnols pourront s'arrêter de travailler autant que les mères. Leurs congés paternités sont pris en charge à 100%. Ils s’appliquent au moment de la naissance, de l'adoption ou d’accueil d’un enfant. 

En Finlande, aucun en Croatie.  

A l'autre bout de l'échelle, on trouve le Royaume uni et le Danemark, où les dispositifs sont beaucoup moins incitatifs : le père ne touche que la moitié de son salaire ou encore un forfait. D’autres pays ne prévoient rien de particulier, la République tchèque, l’Irlande. D'autres enfin ne proposent pas de congé paternité stricto sensu, comme l'Allemagne, même si des dispositions existent dans les conventions collectives. 

Le congé paternité européen de 10 jours  

C'est au nom d'un meilleur équilibre vie privée vie professionnelle qu'une directive européenne garantit aux pères un congé de paternité de 10 jours (rémunéré au minimum au tarif de la sécurité sociale) et un congé parental.  Ça ne changera pas grand-chose pour les pères français : Emmanuel Macron l'assume, la France a tout fait pour limiter les ambitions de départ de la Commission européenne et des eurodéputés, alors que l'égalité homme femme est l'une des priorités du quinquennat. Motif invoqué : le coût de la mesure "potentiellement exorbitant". Reste que ce congé paternité n'est pas non plus la panacée.  Selon les experts, c'est un élément parmi d'autres pour réduire les inégalités homme-femme. Reste surtout à revoir les modes de garde qui doivent être facilement accessibles, mais aussi les horaires et le temps de travail, et surtout les inégalités de salaires qui poussent toujours plus de femmes que d'hommes à s'arrêter de travailler lorsque l'enfant paraît.  

L'équipe