Au Royaume Uni, plusieurs voyants sont passés au rouge ces derniers jours.

Voilà ce qu'en dit Florian Philippot, le numéro 2 du Front national interrogé sur Bfm TV dimanche dernier.

Il n'y a aucune conséquence sur l'économie. La Bourse de Londres n'a pas baissé, elle a regagné toutes ses pertes. La baisse de la livre sterling, c'est une excellente nouvelle.

C'est plutôt vrai : le footsie, le principal indice de la bourse de Londres, l'équivalent de notre CAC 40 a chuté au lendemain du vote britannique, mais depuis, il s'est beaucoup redressé. La Bourse de Londres a effacé ses pertes en livre, mais comme la monnaie britannique s'est effondrée, ce redressement est très relatif, si on corrige de l'effet de change : l'indice londonien n'a effacé que la moitié de ses pertes depuis le 24 juin, il est a peu près au même niveau que le CAC 40.

Le Brexit aura eu des effets bénéfiques, grâce à la chute de la livre sterling pour les grandes entreprises britanniques, celles qui exportent.

La livre sterling est tombé cette semaine à son plus bas niveau depuis 1985 face au dollar. Elle a perdu plus de 10% par rapport à l'euro. Les entreprises britanniques qui exportent se frottent les mains, car elles vendent moins cher leurs produits dans l'Union Européenne. mais ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les autres, celles qui importent, car ça renchérit les biens transformés, ça renchérit les produits de consommations, les produits agro alimentaires.

Mauvaise nouvelle aussi pour tous les britanniques qui s’apprêtent ces jours à franchir le channel pour passer les vacances en France, en Espagne, au Portugal, les vacances vont coûter 10% de plus...

Mais il y aura un impact économique. De quelle nature et de quelle ampleur, c'est l'incertitude. En attendant, beaucoup d'investissements sont gelés.

C'est le cas par exemple de celui de l'immobilier, secteur en plein boom jusqu'ici à Londres, la capitale de la finance européenne connait un début de panique, Désormais, Francfort, Amsterdam et Paris jouent des coudes pour accueillir les sièges sociaux ou financiers des entreprises qui vont se délocaliser faute du précieux passeport européen. Cette semaine six groupes financiers britanniques ont été obligé de suspendre les transactions en attendant le retour au calme. Dans la foulée c'est tout le secteur de la construction qui est en train de se gripper outre Manche. Deux des trois agences de notation en ont déjà tiré les conclusions et abaisser la note du Royaume Uni, jusqu'ici un triple AAA.

Florian Philippot semble donc avoir chaussé ses lunettes roses, même si a ce stade, on ne connaît pas l'impact économique du Brexit. Il faudra sans doute attendre la nomination du nouveau premier ministre en septembre.

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