Fiasco des négociations sur la réforme de l'Asile

Impasse sur la réforme de la politique d'asile au dernier conseil européen des ministres de l'Intérieur
Impasse sur la réforme de la politique d'asile au dernier conseil européen des ministres de l'Intérieur © AFP / STRINGER / AFP

Quelle politique d'asile en Europe ? Les pays européens sont plus divisés que jamais. Après le nouveau fiasco d'un sommet européen sur le sujet.

Dernière actualité, le projet du Danemark : ouvrir des camps aux portes de l'Europe. Des camps où seraient placés des déboutés du droit d'asile qui ne peuvent pas être renvoyés rapidement dans leur pays d'origine. C'est symptomatique d'un premier phénomène : le camp des durs gagne de plus en plus de voix aux élections et parle de plus en plus fort... 

Premièrement, le nouveau gouvernement populiste italien menace de renvoyer un demi-million de migrants, de fermer ses ports, de refouler les bateaux au large. L’immigration, un thème en Autriche, dans les pays de l'est, le sujet est même devenu le principal thème de campagne en Slovénie. Dans ce petit pays prospère qui accueille à peine un millier de réfugiés, le candidat anti migrant est arrivé en tête aux dernières élections législatives. 

Fiasco sur la réforme de la politique d’asile 

C’est sur la question de la solidarité que ça coince, parce que les pays qui accueillent le plus de migrants (la Grèce, l’Italie, Malte et Chypre) veulent répartir équitablement la charge. Ils veulent une répartition obligatoire et automatique.

En face, dans une sorte de conglomérat du non : la Pologne, la Hongrie, soutenus par d'autres pays d’Europe centrale et orientale. Ces pays sont totalement opposés à l'accueil des réfugiés. Il y a aussi la Belgique, d'habitude plus modérée, son secrétaire d'état nationaliste flamand demande que l'on refoule les bateaux de migrants au large. Quant à l’Autriche qui va prendre la présidence de l'Union européenne dans 3 semaines, elle a tout simplement claqué la porte. Bref si tout le monde s'accorde pour dire qu'il faut réformer le règlement de Dublin, pour l'instant l'hypothèse d'un accord à la fin du mois de juin semble assez lointain.

La France et l'Allemagne font entendre leur voix ? 

La France soutient une plus juste répartition mais du bout des lèvres, et surtout par solidarité avec l’Allemagne qui en a accueilli un million. Quant à l’Allemagne, elle serait d'accord pour plus de flexibilité : si un pays ne veut  pas accueillir de migrants, il devrait alors contribuer plus généreusement au budget européen. En échange la relocalisation des réfugiés ne serait obligatoire que s'il y a une crise majeure. 

Prochain rendez-vous le budget ? 

La négociation se lance difficilement, avec le Brexit, car il faut trouver de nouvelles ressources, pour financer la protection des frontières européennes : selon le plan de la commission européenne, les crédits doivent tripler pour financer les nouveaux gardes-côte, les gardes-frontière, mais aussi la révision du système informatique. Reste à persuader certains pays de mettre plus d'argent dans le pot commun et convaincre le parlement européen, car l'accord des eurodéputés est indispensable à cette réforme de l'asile.

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