La France dans une position intermédiaire, entre l'Allemagne et l'Italie

Hotel sans touriste à Séville en Espagne en octobre 2020. Les services souffrent particulièrement de la crise économique
Hotel sans touriste à Séville en Espagne en octobre 2020. Les services souffrent particulièrement de la crise économique © AFP / LAURE BOYER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Le ralentissement économique est-il moins marqué en France comme l'affirme le Premier ministre Jean Castex ? Selon le Premier Ministre Jean Castex « le ralentissement économique est moins marqué en France que chez nos voisins ».  Quel impact les différentes stratégies sanitaires et économiques ont-elles en Europe ? 

C’est un peu le verre à moitié plein. Au 4ème trimestre 2020, si l’on compare la France à ses voisins du sud, comme l’Italie, l’Espagne, ou le Royaume uni, le rebond économique est plus marqué, mais l’Allemagne fait mieux. La crise sanitaire liée au Covid a frappé de plein fouet toute l’Europe, les dernières indicateurs le confinement, mais la récession a été moins violente au nord qu’au sud. Le plongeon est 2 fois plus rude en Espagne ou en Italie, qu’en Allemagne. La France se situe dans une position intermédiaire, moins 8% en 2020.  Dans le détail, l’impact économique est plus fort là où les confinements ont été les plus stricts. Dans le groupe des pays qui accusent le coup plus fortement, on retrouve la France, l’Espagne, l’Italie et le Royaume Uni. Si on y ajoute la Grèce, ce sont aussi les pays qui ont vu leur déficit public et l’endettement se creuser d’autant plus fortement qu’ils étaient déjà très endettés avant la crise.  

A quoi tiennent ces écarts nord sud ?

Premièrement c’est dû aux stratégies pour contenir la pandémie : peu ou pas de restrictions en Suède, à l’inverse de l’Espagne, de l’Italie et de la France qui ont décrété des confinements très stricts, avec la fermeture des restaurants, écoles. Deuxièmement, la crise a frappé plus fort des économies de service, en particulier le tourisme au sud de l’Europe. A l’inverse, l’industrie s’en sort mieux, en Allemagne et dans le nord. Enfin, les réponses budgétaires à la crise, les plans de relance sont plus massif au nord de l‘Europe qu’au sud. L’Allemagne injecte 9% de la richesse allemande, contre 5% pour la France et 3 et demi pour cent en Italie.

Plan de relance européen de 750 milliards d’euros 

Le plan de relance européen va bénéficier à tous les Etats membres au prorata de leur population, de leur activité et de leur taux de chômage. Mais il privilégie l’industrie, le numérique, la transition énergétique, des secteurs où l’Allemagne, a déjà beaucoup investi. Nos voisins outre Rhin comme la Suède ou l’Autriche consacrent comme plus de 3% de leur richesse à la recherche. Loin devant les pays du sud et la France. Résultat certains s’inquiètent d’une Europe à deux vitesse, un décrochage du "club Med », surnom donné par les frugaux à l’Europe du sud pendant la crise de la zone euro. Ces écarts ne datent pas d’hier, l’euro les a plutôt renforcés. La politique des taux bas de la Banque centrale européenne permet de les masquer. C’est le défi du plan de relance européen… 

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