Réchauffement climatique
Réchauffement climatique © magiceuropeanshores.com

La politique climatique de l'Europe est dans la tourmente depuis quelques jours. Les ministres de l’Environnement européens se réunissent aujourd’hui à Bruxelles pour voter leur « feuille de route 2050 », mais il se pourrait que les ambitions des vingt-sept pour lutter contre le réchauffement climatique soient revues à la baisse.

Il parait que les hommes ne savent pas faire deux choses à la fois ; et bien en Europe, c'est un peu l'impression que l'on a. Les Européens ont du mal à gérer deux crises à la fois : il y a bien sûr la crise de la dette, on en parle tous les jours, mais il y a aussi la crise du climat.

Il y a quelques années, le climat était l'une des priorités de l'Europe. Sous la présidence française, les dirigeants européens ont établi un plan d'attaque : ils promettaient 20% de gaz à effet de serre en moins, 20% d'énergie renouvelables et 20% d'économies d'énergie d'ici 2020.

Il y avait des Européens très convaincus qu’il ne fallait pas laisser la planète se dégrader pour les générations futures, et il y avait les pragmatiques qui voyaient l'intérêt de créer de nouveaux emplois et de nouvelles activités. Les Européens se voulaient à la pointe et ils ont été suivis : la Chine est devenu le premier fournisseur mondial de panneaux photo voltaïque.

- Et les vingt-sept n’ont pas tenu leurs ambitions ?

La crise de la dette est passée par là. Désormais, on se demande si tout cela est bien nécessaire. Les émissions de gaz à effet de serre diminuent un peu -pas de quoi se réjouir car c'est surtout dû a la baisse de l'activité économique-, mais pour certains, cela suffit. Officiellement, il n'est pas question de revenir sur les ambitions vertes de l’Europe, mais certains ne se cachent plus pour dire tout le mal qu'ils pensent d'objectifs contraignants.

La Pologne, par exemple, ne veut pas s'engager plus loin. Ce n'est pas le moment, parait-il, alors que l'on est confronté à une grave crise économique et sociale. La Pologne veut des objectifs qu'elle sera en mesure de respecter. Or, elle dépend essentiellement du charbon pour produire son électricité et le charbon, c’est très polluant.

A l'inverse, plusieurs Etats sont prêts à faire plus d'efforts : le Danemark, la Suède ou la Grande-Bretagne.

Mais la Commission européenne prend soin de ne froisser personne et se garde de donner des conseils. Aujourd'hui, à Bruxelles, où l'on va débattre du plan de bataille de l'Europe pour les trente prochaines années et la Commission européenne a déjà gommé les objectifs les plus ambitieux. C'est comme s'il y avait d'un côté les questions sérieuses (les questions économiques et sociales, urgentes), et de l'autre, l'environnement, qui, on dirait, peut attendre.

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