Dix ans après, l'Europe se dirige-t-elle vers la sortie de l'atome ?

Dans le port d'Anvers en Belgique, sur la rive gauche de l'Escaut, les quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Doel (Engie) vont fermer d'ici 2025.
Dans le port d'Anvers en Belgique, sur la rive gauche de l'Escaut, les quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Doel (Engie) vont fermer d'ici 2025. © AFP / KAROL KOZLOWSKI / ROBERT HARDING PREMIUM / ROBERTHARDING VIA AFP

Passé l'effet de choc dans l'opinion publique européenne, seuls 4  Etats ont pris la décision d'accélérer leur sortie du nucléaire. L’Allemagne va fermer d'ici l'an prochain ses trois derniers réacteurs, 17 réacteurs étaient en activité en 2011.  Deuxième pays, la Belgique où l'arrêt du nucléaire est acté pour 2025. L’Espagne a prévu d'en sortir en 2030. Quant à la Suisse ce sera d'ici 2034. Une sortie consommée dès les années 70, par l’Autriche, la Suède et l'Italie (1987). Même la France, pour des raisons qui ne sont pas liées à l'accident de Fukushima, a prévu de réduire la part du nucléaire de 70 à 50% en 2035.

Le nucléaire est-il en recul depuis Fukushima ? 

En 2011, l’Allemagne a fermé d'un coup 8 de ses 17 centrales nucléaires, ce qui a fait fortement chuter la production nucléaire sur le continent. L'an passé cette fois à cause du covid, la production de nucléaire a baissé de 10%, du jamais vu, selon le rapport 2020 des ONG Agora et Ember. Ces exceptions mises à part, en moyenne, la production d'énergie nucléaire est assez stable depuis les années 2000. 10 ans après la catastrophe de Fukushima, la moitié des pays européens a toujours recours à l'atome pour se fournir en énergie. On compte 126 réacteurs sur le continent, plus de la moitié se trouvent en France. L'énergie nucléaire reste quant à elle la principale filière productrice d'électricité : un quart du mix électrique européen en dépend en 2020. En France, l'atome représente 70% de notre électricité, plus de la moitié du courant produit en Slovaquie et en Hongrie. 

A l’Est, un frémissement de l'atome ? 

La course climatique de l'Europe pour la neutralité carbone réveille de nouveaux appétits pour le nucléaire, afin de se libérer du gaz et du charbon, une dizaine d'Etat prévoit de construire des  réacteurs : certains sont en cours de démarrage en Finlande, en France, en Slovaquie, au Royaume-Uni ou encore en Hongrie. D’autres se préparent en Bulgarie, en République Tchèque, en Lituanie, en Pologne ou en Roumanie. Le nucléaire fera-t-il partie des technologies reconnues par le Green Deal, le grand plan européen pour la transition énergétique. Bénéficiera-t-il des subventions européennes ? Alors que le parc nucléaire européen est vieillissant, plusieurs pays n'envisagent pas de s'en passer : ces pays pensent prolonger la durée de vie de leur centrale, comme la France ou l'Autorité de sureté nucléaire (ASN) vient d'ouvrir la porte pour qu'elles fonctionnent au-delà de 40 ans. 

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