La ministre du travail Myriam El Khomri à l'Assemblée Nationale
La ministre du travail Myriam El Khomri à l'Assemblée Nationale © Reuters / Charles Platiau
**Retour ce matin sur la question des contrats courts. Ce n'est pas dans le projet de loi de Myriam el Khomri, mais c'est sur la table pour réduire le déficit de l'Assurance chômage.** Les CDD font déjà l'objet d'une cotisation supplémentaire que payent les employeurs, mais pour la Ministre du Travail, cette sur cotisation ne suffit pas. Voilà ce qu'elle en disait hier matin sur France Info : > Aujourd'hui, on le voit, cette surcotisation n'a pas eu l'effet escompté, puisqu'on est le deuxième utilisateur de l'Union européenne dans les CDD de moins d'un mois. Aussi surprenant que cela paraisse, **la France est bien le deuxième pays d'Europe, à utiliser des contrats très courts, ex aequo avec la Belgique et juste derrière la Suède** . Si l'on prend la part des contrats courts dans l'ensemble des salariés, en 2014 la France compte 2% de CDD de moins d'un mois, en Suède c'est 3%. Bref nous sommes dans le peloton de tête européen pour les contrats très précaires. Depuis 2000, le nombre d’embauches en CDD de moins d’un mois ou en intérim a explosé de 60 %. **Plusieurs facteurs expliquent cette explosion des CDD courts :** **D'abord le coût du travail qui incite les entreprises à employer de la main d’œuvre peu qualifiée sur des plages horaires les plus courtes possibles.** Plus des deux tiers de ces contrats courts sont des réembauches chez un ancien employeur. Pour certains experts, le régime de l'assurance chômage leur est très favorable, car il permet de compléter des CDD très courts par des indemnités chômage. Autre raison : **la peur des conflits devant les prudhommes en cas de licenciement** . Car les indemnités peuvent être très importantes pour les entreprises. Enfin cette explosion des contrats très courts s'explique par une **incertitude économique générale** , il y a une forme d'attentisme des employeurs. Bref quand une reprise économique solide se dessinera, les embauches en CDI repartiront. Il faut par ailleurs relativiser le phénomène, car aujourd'hui dans leur écrasante majorité, les salariés en France continuent de travailler en CDI. **On pointe toujours l'Allemagne et la Grande Bretagne, en matière de précarité de l'emploi pourtant ces pays font mieux que la France.** On a beaucoup parlé des mini jobs en Allemagne, et des contrats zéro heure au Royaume Uni.Mais la France réputée moins flexible se distingue de ses partenaires européens par l’importance des contrats courts : **selon l’OCDE, en 2011, 35 % des salariés en CDD en France avaient des contrats de moins de trois mois, contre 19 % en Italie, 13 % au Danemark et 4 % en Allemagne.**
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