Les taux d'équipements en soins intensifs varient du simple au triple entre l'Allemagne et le Royaume-Uni. La France au même niveau que l'Italie.

A Liège, en Belgique, l'hôpital de la Citadelle a installé dans un de ces parkings une tente permettant aux patients, présentant les documents nécessaires ainsi que de la fièvre, de pouvoir être dépisté.
A Liège, en Belgique, l'hôpital de la Citadelle a installé dans un de ces parkings une tente permettant aux patients, présentant les documents nécessaires ainsi que de la fièvre, de pouvoir être dépisté. © AFP / VALENTIN BIANCHI / HTTP://HANSLUCAS.COM/VBIANCHI/PH / HANS LUCAS

Coronavirus : les 27 pays de l'Union et le Royaume-Uni sont touchés. À ce stade, plus de 20 000 contaminés en Europe et 930 morts. La France est le pays le plus touché après l'Italie. Que font nos voisins pour contenir l'épidémie ? 

L'objectif partout en Europe est le même : aplatir la courbe de l'épidémie pour permettre aux systèmes de santé d'absorber le choc. Le nombre de cas double tous les jours, or 20% de ces cas, les plus sévères, peuvent nécessiter une hospitalisation et dans le pire des cas, en réanimation. Dans la plupart des pays, les hôpitaux sont déjà sous pression en temps normal, toute la question des autorités est donc de freiner la propagation du virus pour éviter la crise sanitaire. 

Mesures draconiennes en Italie

Tout le pays, 60 millions de personnes, est en quarantaine : commerces, écoles et universités restent fermés. "I sto a casa" = "je reste à la maison", c'est la consigne. En Espagne, l'un des pays les plus touchés, toutes les écoles, les crèches, les universités sont fermées. En France, on procède différemment : l'idée selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, c'est "d'éviter un pic de cas dans une période limitée" ce que nos voisins italiens ont échoué à faire. En Allemagne, la franchise est de mise : la chancelière Angela Merkel ne l'a pas caché.

60 à 70% des Allemands seront contaminés.

Précision de son ministre de la Santé : "80% de ces cas n’auront quasiment aucun symptôme".

Des systèmes de santé différents 

D'abord, l'épidémie n'en est pas au même stade dans tous les pays. En Italie, pays le plus touché après la Chine, l'épidémie est hors de contrôle. Un stade qui oblige les hôpitaux transalpins à se concentrer sur les cas les plus graves. Deuxième raison : la mortalité dépend aussi de la pyramide des âges, qui diffère d'un pays à l'autre. Enfin, le système de santé n'est pas toujours aussi développé : en Allemagne, le ministre allemand de la santé dénombre 28 000 lits disponibles en soins intensifs. Ramené à la population outre Rhin, cela représente 6 lits pour 1 000 habitants, c’est-à-dire l'un des taux les plus élevés des pays de l'OCDE, après le Japon et la Corée. Un taux d’équipement 2 fois plus élevé que celui de l'Italie. 

La France quasi au même niveau que l’Italie

L'hexagone compte 5 500 lits en soins intensifs, c’est à peu près autant que l'Italie (5 100 lits en temps normal, porté à 7 500 avec la crise du coronavirus). Dans les régions les plus riches du nord, les infrastructures sont à la pointe, mais elles ne sont pas dimensionnées pour la crise. Dans le sud, sous équipé, on craint la catastrophe. En Europe, le taux d’équipement en soins intensifs varie du simple au triple 

Selon le Panorama Santé de l’OCDE 2019 : le taux d’équipement en France est de 3,1 lits pour 1000 habitants, (contre 2,6 lits pour 1000 habitants en Italie). Ces deux pays sont dans la même fourchette que les Pays-Bas (2,9), la Norvège (3,2) et le Portugal (3,3). Selon ce décompte, le Royaume-Uni est le pays le moins bien doté en soins intensifs, avec la Suède (2,1). 

Quelle Europe de la santé ? 

Certains le déplorent, il n'y en a pas vraiment d'Europe de la santé, car la santé publique est du seul ressort des États, selon le traité de fonctionnement de l'UE : à chaque pays de choisir ses propres normes en termes de vaccination ou de sécurité sociale. Il existe une agence de santé européenne, mais elle ne peut que conseiller et encourager les États à se  coordonner. Ce n'est pas la faute de l'Europe, plutôt celle de leurs dirigeants qui n'ont jamais trouvé matière à aller plus loin. En plus de tester la résistance de nos systèmes de santé, peut être le coronavirus va-t-il pousser à une prise de conscience sur ce sujet.

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