Voici ce que déclarait l'ancien ministre socialiste de l'Education Benoit Hamon, qui était le 2 février dernier l’invité de Patrick Cohen sur France Inter, au sujet du salaire des instituteurs français de primaire :

Nous avons l'école la plus inégalitaire d’Europe et nous avons aussi les enseignants en primaire qui sont parmi les moins bien payés d'Europe.

Dans le primaire, les salaires des instituteurs sont, selon Benoit Hamon, parmi les plus bas d’Europe : vrai ou faux ?

C'est vrai. En France, un instituteur gagne en début de carrière 23 000 euros brut annuel, hors primes et bonus.

C’est presque moitié moins que son collègue allemand : outre Rhin, le salaire d'un instituteur tourne autour de 41 000 euros lorsqu’il démarre sa carrière.

Benoit Hamon
Benoit Hamon © MaxPPP

Les salaires des Français restent très inférieurs à la moyenne européenne : environ 17% de moins selon les données de l'OCDE. Moins bien payé que les Belges, les Espagnols ou les Britanniques. Seuls les Grecs, les Tchèques ou les Estoniens font moins bien, mais ce sont des pays où le niveau de vie est plus faible que chez nous.

Seul pays comparable où les salaires sont encore moins élevés qu’en France, c’est l’Italie. La donne change un peu en fin de carrière : les instituteurs français remontent dans le classement de l'OCDE et on se rapproche de la moyenne européenne. Mais c'est dû au fait qu'ailleurs les salaires n'augmentent plus vraiment en fin de carrière : les enseignants évoluent en général vers des tâches plus administratives, du tutorat ou du conseil auprès des élèves, alors qu'en France, on valorise l'expérience par le salaire.

Donc dans l'ensemble c'est un vrai pour l'ancien ministre de l'Education !

Benoit Hamon affirme aussi que l'école en France est la plus inégalitaire d'Europe. Vrai ou Faux ?

Plutôt vrai, même s'il faut prendre quelques précautions, car il n'est pas facile d'établir un lien entre l'origine sociale des élèves et leurs résultats.

Dans la dernière enquête PISA, l'OCDE étudie les performances des élèves de 15 ans en mathématiques, en fonction de différents critères comme le niveau de vie et d'éducation des parents, leur profession ou la présence de livres à la maison. Le constat est sans appel : en France, appartenir à un milieu défavorisé est beaucoup plus handicapant que dans la plupart des pays européens, affirme Eric Charbonnier, expert éducation à l'OCDE :

Ceci allant peut être avec cela : les élèves issus d’un milieu défavorisé n’ont pas seulement des résultats nettement inférieurs ; ils sont aussi moins impliqués, moins attachés à leur école, moins persévérants et beaucoup plus anxieux que les élèves issus d’un milieu socio-économique plus aisé.

En Allemagne, un constat assez semblable avait causé un véritable choc au début des années 2000, ce qui a poussé à des réformes. L’OCDE espère que la France suivra le même chemin.

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