Avion
Avion © Radio France / pfala

Le ciel européen sera-t-il plus propre en 2012 ? En tout cas, le principe du pollueur-payeur est entré en action le premier janvier pour les compagnies aériennes et cette loi européenne sur la pollution des avions est loin de faire l’unanimité.

Jusqu’à présent, l’aviation ne devait faire aucun effort pour lutter contre le réchauffement de la planète. Or, elle représente 3% des émissions mondiales de CO2. Depuis le 1er janvier, les Européens veulent que les 4.000 compagnies aériennes contribuent elles aussi. Chaque compagnie qui dessert un aéroport de l’Union européenne va devoir acheter des quotas de co2, autrement dit des droits à polluer. Si elles refusent, il y aura une sanction : 100 euros d’amende par tonne de CO2 et en dernier recours, une interdiction de vol.

L’objectif est simple : inciter les transporteurs aériens à réduire leurs rejets polluants. Vous savez que l’Europe est à la pointe en la matière et ces droits à polluer pourraient rapporter autour de 200 millions d’euros. Il y a un « hic » : les billets d’avion vont sans doute nous coûter plus cher : entre 2 et 14 euros de plus. Certaines compagnies ont déjà commencé à répercuter le prix des quotas sur leurs tarifs.

Relance 1 :

Et dans le reste du monde, cette directive européenne a aussi déclenché un tollé…

BOB 2 : 55’’

La Chine, la Russie et les Etats-Unis sont furieux. Ils ne coopéreront pas avec l’Europe. Ils menacent l’Union européenne de représailles. Ces pays ne sont pas isolés : 26 des 36 états membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale sont du même avis. Car le prix plus cher de billets risque de faire chuter leur activité.

Aux Etats-Unis, la Chambre des Représentants (à majorité républicaine) vient même d’adopter une loi qui interdit aux compagnies aériennes américaines de payer cette taxe européenne.

Enfin, plusieurs compagnies américaines ont déposé un recours devant la Cour de justice de l’Union. Mais cette dernière a balayé leurs arguments fin décembre : pour elle, il n’y a aucune violation du droit international

Quant à la Commission européenne, son argument est le suivant : « quand un Chinois veut ouvrir un restaurant en Europe, il doit en respecter la législation », les compagnies aériennes doivent donc faire de même avec les règles sur l’environnement européennes.

- Quelles seront les conséquences ? Risque-t-on une guerre commerciale ?

La Chine comme les Etats-Unis brandissent la menace de représailles. En ligne de mire, par exemple : les achats d’avion au constructeur européen. Il y a, dans le carnet de commandes des compagnies chinoises, des dizaines d’Airbus. Le risque est donc réel. Face à cela, Bruxelles essaye de calmer le jeu et propose aux pays de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans l’aviation, d’une autre façon. Ils n’auraient, ainsi, plus à payer

La Chine ou les Etats-Unis vont-ils se mettre aux normes européennes ? Pas si simple, quand on sait que Washington n’a toujours pas ratifié le protocole de Kyoto. Reste à savoir si l’Europe, en pleine crise économique, tiendra son bras de fer jusqu’au bout.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.