Espagne, Italie, Portugal, la chasse aux idées pour dépenser la manne du plan de relance

La course aux appels à projet est lancée en Europe pour dépenser les 750 milliards du plan de relance
La course aux appels à projet est lancée en Europe pour dépenser les 750 milliards du plan de relance © AFP / JOEL SAGET / AFP

Le plan européen, c'est comme le loto, ça peut rapporter gros mais après le gagnant est un peu perdu. Comment dépenser tout cet argent ? L’Italie, le premier pays bénéficiaire, a sorti des placards pas moins de 700 projets. Une liste longue comme le bras, englobant la numérisation, la réforme du système de santé. Il va falloir faire le tri, écarter les vieux projets ou ceux qui ont un impact économique faible.  Objectif : envoyer (au mieux en février) des projets bien ficelés. Il y a un mois, chaque pays a reçu des conseils de la commission européenne pour mener des réformes de fond afin de préparer aussi la prochaine crise… A l’Italie, Bruxelles recommande en particulier "d’améliorer l’efficacité de la justice et de l’administration". Pas question d’offrir des baisses d’impôt ou de refinancer sa dette. 

Deuxième exemple, l’Espagne

Deuxième pays bénéficiaire du plan de relance européen, l’Espagne va toucher 140 milliards d’euros, pour redresser son économie, laminée par la crise sanitaire : le tourisme est la principale source de richesse. Madrid prend tout le "package" européen, moitié sous forme de subventions, moitié sous forme de prêts. Pour ce pays qui emprunte avec une très mauvaise notation, c’est l’occasion de sortir de la catégorie « investissement à risque », d’emprunter en période de crise, en profitant de la note maximale de l'UE. L’Espagne a choisi l’endettement européen, mais il faudra le rembourser. Son voisin portugais, à l’inverse ne veut bénéficier que des subventions 

Un plan de relance sous condition ? 

Les pays frugaux, l’Allemagne, les Pays bas ont mis des garde fous à ce qui fait figure d'"open bar". Ils ne sont pas convaincus par ce plan qui prévoit de mutualiser la dette. La commission européenne et les Etats auront donc leur mot à dire. La Commission a fixé les grands objectifs des projets nationaux (une occasion en or pour faire converger les économies dans le même sens) : par exemple un tiers des projets doit servir à la lutte contre le réchauffement climatique, 20% à la numérisation des entreprises et du public. Chaque plan doit être présenté à la Commission et approuvé par tous les parlements nationaux, ce sera le cas aussi quand il faudra débloquer les fonds. Il y a risque d’embolie et les financements risquent de se faire attendre. Dès maintenant chaque pays peut aller présenter à Bruxelles la première mouture de ses projets. Les portugais veulent être les premiers à avoir un plan de relance «  discutés et approuvés». Objectif, décrocher les premiers chèques européens dès janvier 2021.

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