Thierry Breton, le PDG du groupe ATOS a annoncé cette semaine la naissance de son nouveau bébé… un super ordinateur baptisé SEQUANA...

«La France, l'Europe fait la course en tête dans les supercalculateurs avec Sequana nous allons l'an prochain installer l'ordinateurs le plus puissant du monde et dans 4 ans on fabriquera la prochaine génération (elle est déjà dans nos cartons) qui sera mille fois plus puissants »

C'est vrai ou c'est faux?

C'est plutôt faux. Tout d'abord, je rappelle que ces supercalculateurs, ils permettent de calculer plus d'un million de milliard d'opérations par seconde, à ce stade, l’unité de mesure c’est le petaflop...

Mais si on prend ce critère de la puissance, la France ne fait pas la course en tête... contrairement à ce que dit Thierry Breton. Je me base sur le classement des 500 meilleurs mondiaux, le TOP 500. Un classement réactualisé tous les six mois. Fin 2015, c'est à dire au dernier pointage, la France ne figure même pas dans les 10 premiers supercalculateurs mondiaux. Depuis 3 ans, c'est un chinois qui fait la course en tête, suivi par 2 américains.

Le premier supercalculateur européen est suisse et il arrive en 7ème position

Thierry Breton se serait donc laissé emporter par son enthousiasme ?

Pas complètement, ce classement mondial, c'est un peu le classement des Formule 1, les gros laboratoires qui rivalisent pour calculer toujours plus vite. En fait Thierry Breton fait plutôt allusion à la course des fabricants, qui travaillent pour l'industrie, comme Météo France ou le Commissariat à l'Energie atomique. Ce qui entre aussi en ligne de compte, ce n'est pas seulement la puissance, c'est la facture énergétique, la densité de la machine ou sa capacité à fonctionner à 100%, 24 heures sur 24... 7 jours sur 7 contrairement aux superordinateurs testés en laboratoire.

Dans cette course des fabricants de superordinateur… la France et l'Europe font-elles vraiment la course en tête ?

C’est vrai que le français Atos qui a racheté Bull est l'un des rares fabricants européens à pouvoir rivaliser avec les américains, les japonais, ou depuis peu les chinois. Mais les leaders sur le marché restent pour l'instant les américains Dell ou IBM : ils détiennent près des 2/3 du marché mondial des supercalculateurs selon certains experts. D’ici 2020, le futur superordinateur de Bull, Sequana sera peut être capable de calculer 1000 fois plus vite que les machines actuelles (un milliard de milliard de données par seconde), mais il ne sera peut-être pas le seul. Dans la course aux financements, l'Europe est plutôt à la traine... comparée aux Etats Unis, où le président Barack Obama vient de signer un chèque de 3 milliards de dollars d'investissement sur 10 ans

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