L'Europe : filtre d'amour ?

Jeunes Européens
Jeunes Européens © Maxppp / Philippe Turpin/BENELUXPIX

Le député européen écologiste Yannick Jadot (soutien de Benoit Hamon) propose que les jeunes européens aillent passer au moins un an dans un autre pays pour un contrat d'apprentissage, des études, une formation ou un travail.

Savez-vous qu'un jeune qui voyage un an dans un autre pays européen, dans 25% des cas il tombe amoureux ?

Erasmus = l'amour au bout d'un an. Vrai ou Faux ?

Plutôt vrai. En 2014, la Commission européenne a mené l’enquête sur un échantillon de 15 000 étudiants. 15 000 sur les 3 millions d’étudiants Erasmus depuis 1987. Résultat : 27% des étudiants Erasmus ont rencontré leur conjoint pendant leur séjour, qu'il soit ou pas de la même nationalité d'ailleurs. C'est donc à peu près la proportion annoncée par Yannick Jadot. Par ailleurs, un tiers de ceux qui ont étudié à l'étranger partagent leur vie avec une personne de nationalité différente. C'est environ 3 fois plus que ceux qui n'ont pas quitté leur pays natal. On rappelle que les Français sont les premiers fans d'Erasmus, ce programme d'échange qui vient de fêter ses 30 ans.

Y a t il un réel "métissage" européen ?

Si on suit Yannick Jadot, en toute logique, certains de ces tourtereaux Erasmus devraient être tentés de convoler en justes noces, or le nombre de mariage entre couples de deux nationalités différentes est très limité. La Commission européenne qui n'est jamais à court d'idée a publié en 2010 une enquête sur ce sujet : sur 2 millions et demi de mariages en Europe chaque année, à peine 80 000 concernent des couples issus de deux pays européens. On préfère se marier le plus souvent avec des étrangers hors Union européenne.

L'Europe de l'amour c'est pas pour demain ?

Disons qu'elle est plutôt pour après-demain. Dans la plupart des pays, les mariages entre un européen et un non européen sont bien plus nombreux qu'entre européens. Avec des différences selon les pays : en proportion les Suédoises sont très attirées par les Finlandais, mais les Belges le sont irrésistiblement par les Marocaines, les Tchèques par les Slovaques. Cela dit, 80 000 c'est un nombre trop faible pour garantir la réussite du rêve d'un "métissage" européen. Dans l'enthousiasme, le député européen Alain Lamassoure, fervent défenseur d'Erasmus, a un jour affirmé qu'un million de bébés sont nés de couples Erasmus. Une extrapolation impossible à vérifier.

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