Au sujet du conflit à Air France et sur l'agression de deux cadres de la compagnie aérienne en marge du comité d'entreprise, voilà ce qu'en disait lundi Nathalie Kosciusko-Morizet, la vice-présidente du parti Les Républicains était l’invitée de BFM TV :

La France est le pays d’Europe qui a le plus faible taux de personnes syndiquées selon NKM : vrai ou faux ?

Plutôt vrai . La France fait figure de lanterne rouge en Europe : 8% des salariés sont membres d'un syndicat.

C'est l'un des taux les plus faibles en Europe, il faut bien le reconnaitre. Dans les grandes comparaisons internationales, de l'OCDE par exemple, la France dispute la dernière place aux pays baltes (Lituanie, ou Estonie).

En moyenne, en Europe, le taux de syndiqués tourne autour de 23%. Avec d'énormes variations entre les pays nordiques (Danemark, Finlande ou suède).Dans des pays comme l'Espagne et l'Allemagne cela tourne plutôt autour 18%-19% de syndiqués.

Si on se résume, c'est donc plutôt un vrai pour Nathalie Kosciusko-Morizet.

les syndicats désunis pour le 1er-mai
les syndicats désunis pour le 1er-mai © reuters

L'une des raisons, on en parle souvent, c'est la division syndicale : on compte 5 confédérations syndicales en France, c'est plus que chez la plupart de nos voisins, ou il y a en général 2 à 3 syndicats.

Deuxièmement, il faut savoir que la France est l'un des pays où les salariés sont le plus couverts par des accords collectifs. 98% des salariés en France sont couverts par un accord d'entreprise ou de branche, contre moins d'un tiers en Grande Bretagne. Ces accords collectifs sont très importants, puisque c'est là que se négocient les grilles de salaires, les temps de travail et de récupération, les mutuelles, les primes. Du coup, il n'y a plus trop de raison de se syndiquer, sauf à vouloir s'inscrire dans un engagement, un militantisme syndical.

A l'inverse dans les pays scandinaves, la couverture collective est liée à l'adhésion à un syndicat. Cela explique pourquoi 7 salariés sur 10 affiliés à un syndicat en Suède ou en Finlande.

Cela veut-il dire que les syndicats français ne sont pas représentatifs des salariés dans les entreprises ? Pas si sûr. Car pour évaluer le poids des syndicats, il y a d'autres critères que le taux de syndiqués.

Il y a par exemple l'implantation syndicale sur le lieu de travail, en clair, la présence de délégués syndicaux dans les comités d'entreprises, par exemple. De ce côté-là, la France est bien placé, puisque nous sommes dixièmes en Europe.

Autre indicateur : la participation aux élections professionnelles. Si l'on parle toujours du désintérêt des salariés, il faut quand même rappeler qu'ils sont 45% à se déplacer pour voter. 45%, c’est une moyenne entre le public et le privé. Vous allez me dire que cela parait peu, mais le chiffre est à peu près stable et c'est plus que pour certaines élections -les Européennes pour ne pas les citer...

> Pour aller plus loin : Comparaison européenne sur la participation aux syndicats

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