On revient sur la grève à Radio France avec cette déclaration du député socialiste Eduardo Rihan Cypel, interrogé par Hélène Jouan dans l'émission "LeTéléphone Sonne".

Eduardo Rihan Cypel affirme que la radio et la télévision publique ont été fermées en Grèce. C'est vrai, mais il noircit un peu le trait. Il a raison lorsqu'il affirme que la télévision et la radio publique grecque ont été fermées du jour au lendemain et sans préavis par le gouvernement de l'ancien premier ministre conservateur Antonis Samaras, c'était le 11 juin 2013 à 23 heures.

 grèce drapeau de vacances voyage
grèce drapeau de vacances voyage © Pixabay

Avant sa fermeture, le groupe regroupait 5 chaînes de télévision, 25 radios (dont 19 radios régionales). D'un coup toutes les chaines publiques et toutes les radios ont cessé d'émettre. Rideau noir. La fermeture de l'ensemble des médias publics d'un pays. C'est rarissime. a l'époque, le gouvernement grec l'a justifié par la necessite de diminuer les effectifs de la fonction publique, une exigence de la troika, les créanciers du pays, en échange des dizaines de milliards d'euros d'aide de l'Europe et du FMI. Les 2700 employés du groupe public de media ont donc tous perdu leur emploi et les locaux ont été requisitionnés par des ministères.

Le député va un peu vite en besogne en affirmant qu'il n'y a plus de radio et de télévision publique en Grèce

Car la télévision publique grecque n'a pas totalement disparu : un nouveau groupe a vu le jour, beaucoup plus réduit, (il compte 500 salariés, moins d'un cinquième du personnel) il a changé de nom, Nerit au lieu d'ERT, et il n'y a plus désormais qu'une seule chaine de television et 2 radios. qui ne font quasiment plusd 'audience, car les programmes sont très contestés. C'est le ministre de la fonction publique qui gère les nominations des salariés. Cela dit depuis l'arrivée du gouvernement Tsipras, le groupe public a repris son nom d'origine ERT. Un projet de loi vient d'etre déposé, il n'a pas été voté : il prévoit le retour de tous salariés licenciés. Reste à savoir si le gouvernement Tsipras aura vraiment les moyens de réembaucher plus de 2000 salariés.

Au final est-ce vraiment l'austérité qui est la cause de cette fermeture des medias publics en Grèce comme l'affirme le député socialiste?

En Grèce, le gouvernement a justifié son choix par les couts disproportionnés de l'ancien groupe public, les salaires jugés exorbitants de ses salariés, mais certains journalistes que j'ai contacté, ont une autre analyse: dans un contexte de chute du marché de la publicité, le gouvernement Samaras a peut etre aussi choisi de soutenir les chaines privées.

Tomais Papaoinaou est la correspondante de la télévision publique grecque à Paris:

De fait, ce qui s'est passé en Grèce n'a aucun équivalent en Europe, y compris dans les autres pays sous assistance financière, l'Espagne, le Portugal ou l'Irland.

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