"Il faut arrêter de laisser rentrer sur notre territoire des flux de personnes qui présentent des risques". Eric Ciotti

Après un nouvel attentat djihadiste, certains réclament un retour aux frontières entre la France et ses voisins. Interrogé sur I-Tele, le député Les Républicains des Alpes maritimes, Eric Ciotti fait la proposition suivante :

« Il faut arrêter de laisser rentrer sur notre territoire des flux de personnes qui présentent des risques. Le contrôle aux frontières, il est fictif désormais. Il faut le rétablir il faut arrêter avec des flux de migrants qui chaque fois présentent des risques, car on sait qu’il peut y avoir une infiltration. »

Ces contrôles ont-ils été levés comme le député semble l'affirmer ? 

Je dis faux, car ces contrôles aux frontières, ces contrôles dits systématiques, ils n’ont jamais été levés depuis les attentats de Paris du 13 novembre. Il ne servirait donc à rien de les rétablir. La France a obtenu l’autorisation de rétablir ces contrôles temporairement, six mois maximum en accord avec le code des frontières de l'Espace Schengen. Le délai est donc dépassé, sauf qu'à titre exceptionnel, il est possible d'obtenir une dérogation, qui peut aller jusqu'à 2 ans maximum. La Commission européenne vient d'ailleurs d'autoriser 4 pays à prolonger les contrôles six mois de plus : l’Autriche, le Danemark, l'Allemagne et la Suède, dans leur cas, il s'agit de faire face à l'afflux des migrants. Quant à la France, c'est un autre problème, le gouvernement a averti la Commission européenne qu'il avait l’intention de les maintenir des contrôles. Selon le ministère de l'intérieur, Paris a invoqué les risques pour la sécurité publique avec l'Euro de football, mais aussi la prolongation de l’état d’urgence et la menace terroriste.

Eric Ciotti affirme aussi que ces contrôles aux frontières sont fictifs. Quel crédit accorder à ces propos ?

C'est vrai que ces contrôles, ils sont assez théoriques. Ils sont effectués presque exclusivement sur les grands axes, les autoroutes. Le réseau secondaire est laissé quasiment sans surveillance. Il faut dire qu’entre les routes nationales, départementales, les chemins vicinaux qui serpentent le long de la frontière, rien qu’entre la Belgique et la France, on compte 1500 points de passages possibles rappelle l’eurodéputé UDI Dominique Riquet. 400 si l'on exclut les chemins forestiers et agricoles affirme le ministère de l’Intérieur. Il faudrait mobiliser des dizaines de milliers de policiers et de gendarmes. Et ça créerait des bouchons monstres. Aujourd'hui, la plupart des policiers ne sont pas équipés d'ordinateurs qui leur permettent de vérifier eux-mêmes les identités dans le fichier central. Du coup, ils se contentent souvent de contrôles au faciès, assez aléatoires. En fait, les contrôles les plus efficaces sont réservés aux aéroports et à certains trains internationaux, comme le Thalys entre la France et la Belgique. Les ports et les côtes françaises, c'est à dire près de 3500 km, ne sont tout simplement pas surveillés. Schengen ou non, ces frontières, elles sont incontrôlables.

Pour être tout à fait efficace, il faudrait construire des murs...

Oui sauf que c'est difficile et couteux. De toute façon établir des contrôles très strictes aux frontières comme le souhaite Eric Ciotti, on peut se demander ce que cela aurait changé : cette semaine, l’assassin des 2 policiers étaient français, né en France, et il n’aurait apparemment reçu aucune aide de Syrie, si ce n'est peut-être via internet...

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