La guerre des genres entre l'est et l'ouest à l'occasion de la bataille budgétaire européenne

Le magazine conservateur Gazeta Polska distribue des auto collants "Zone sans LGBT" dans son édition hebdomadaire en juillet 2019
Le magazine conservateur Gazeta Polska distribue des auto collants "Zone sans LGBT" dans son édition hebdomadaire en juillet 2019 © AFP / Jaap Arriens / NurPhoto / NurPhoto via AFP

On revient sur le veto hongrois et polonais, contre le projet de budget européen. Ces deux pays refusent que les fonds européens soient conditionnés au respect de l'Etat de droit. En cause les discriminations qui pèsent sur les minorités, en particulier liées au genre. 

Il y a deux Europe, 16 ans après le dernier élargissement, il faut bien le reconnaître : le fossé est profond entre l'Est et l'ouest, selon l'étude mené par la Commission européenne l'an passé. Si les 3/4 des européens jugent que les personnes homosexuelles et bisexuelles doivent avoir les mêmes droits que les hétérosexuels, ce taux plonge dès qu'on franchit l'ancien Rideau de fer. A peine un tiers des slovaques et des roumains, 40% des bulgares partagent cette opinion. Un chiffre en recul depuis 2010. Les 12 dernières places du classement européen sont occupées par des pays qui ont adhéré à l'UE en 2004. Des pays qui n'ont pas connu mai 68, dont les jeunes plus progressistes ont choisi de s'installer à l'ouest et qui connaissent un déclin démographique. 

Question sociale ou politique ? 

C'est vrai que c'est aussi devenu le cheval de bataille des gouvernements conservateurs. En réaction au maire de Varsovie qui a publié une charte favorable aux LGBT, des alliances anti LGBT ont émergé en Pologne l'an passé. Alliances entre partis catholiques, "ilibéraux" et d'extrême droite. Depuis un an une centaine de municipalités polonaises se sont déclarées "zone sans LGBT" avec la bénédiction du parti conservateur au pouvoir Droit et Justice. De son côté la Hongrie qui avait adopté le PACS a basculé depuis l'arrivée du populiste Victor Orban. La Hongrie a inscrit dans sa constitution que le mariage est réservé à l'union d'un homme et d'une femme. Cette définition fait flores en Croatie dans les états baltes, ou en Slovaquie. Ce verrou constitutionnel est destiné à bloquer toute jurisprudence de la cour de justice européenne pour contraindre ces pays à légaliser le mariage homosexuel

Que peut faire l'Europe ?

Ces violences, ces discours de haine suscitent l'indignation, mais  Jusqu'ici l'arme était économique. Suspension des crédits, refus de subvention européen aux  villes polonaises. Désormais, la commission européenne passe à l'attaque...avec c'est une première une stratégie en faveur de l'égalité des personnes LGBT...elle propose de durcir les sanctions pénales contre les discours et les crimes homophobes, de reconnaitre des droits des parents de même sexe. Et d'intégrer la question à toutes les politiques européennes. Bref le bras de fer est engagé avec la Pologne et la Hongrie, r 2 pays qui jouent les gros bras en bloquant le plan de relance européen de 1000 milliards d'euros... Rester à savoir combien de temps... Car La Pologne, comme la Hongrie sont 2 des principaux bénéficiaires de ce plan de relan

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