La croissance française sera-t-elle trois fois plus forte qu'en Allemagne ? On refait le match

Usine d'acier à Eisenhüttenstadt : la croissance ralentit en Allemagne
Usine d'acier à Eisenhüttenstadt : la croissance ralentit en Allemagne © AFP / JOHN MACDOUGALL / AF

Berlin n'attend plus qu'un demi-point de croissance cette année, quand Paris espère 1,5% en 2019. Première explication : un trou d'air du commerce mondial,  or l'Allemagne est beaucoup plus dépendante que la France. Outre Rhin, les exportations pèsent 45% de l'économie, en France, c'est à peine un tiers. Du coup quand la demande des marchés asiatiques ou américains ralentit comme en ce moment, les entreprises allemandes sont plus fortement touchées que les françaises. Un choc amplifiée Outre Rhin par les nouvelles normes environnementales, auxquelles l'industrie automobile doit s'adapter suite au scandale des voitures diesel. Enfin et c'est peut être la principale raison selon certains experts, l'Allemagne est en fin de cycle économique : elle a commencé très tôt  à rattraper la croissance perdue pendant la crise de 2008, l'effet rattrapage joue beaucoup moins que dans l'hexagone. 

Un effet pouvoir d'achat ? 

Dans les deux pays, les gouvernements font de la relance : coup de pouce aux allocations familiales en Allemagne. En France, les experts de l'OFCE prédisent la plus forte hausse du pouvoir d'achat depuis 12 ans : 850 euros en moyenne en plus cette année ! La moitié de ce pouvoir d'achat supplémentaire s'explique par les mesures prises en pleine crise des gilets jaunes (comme l'élargissement de la prime d'activité, l'annulation de la hausse de CSG pour les retraités), l'autre moitié est dûe à une forte hausse des salaires, une inflation très faible et des taux d'intérêt toujours proches de zéro. De quoi doper le pouvoir d'achat des français qui consomment et relancent l'économie

Une victoire momentanée 

Il ne faut pas trop s'en réjouir, car cette relative bonne forme de l'économie française est momentanée selon plusieurs experts. Le ralentissement de l'économie mondiale correspond plutôt un trou d'air : du coup les exportations vont repartir et l'Allemagne en profiter à nouveau à plein. Nos voisins ont fait de gros efforts d'économie, leur dette publique ne dépassent pas 60%, dans les clous européens. Du coup ils ont des marges de manœuvre pour continuer les mesures de relance. Ce sera beaucoup moins évident en France, vu notre dette publique proche de 100%. Bref en 2020, les courbes allemandes et françaises pourraient se rejoindre et même se recroiser. Du déjà vu, le scénario a déjà eu lieu après l'an 2000.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.