Drapeau Grèce
Drapeau Grèce © Radio France

L’impasse politique grecque a poussé certains à lever un tabou : pourquoi la Grèce ne sortirait elle pas de la zone euro ? Plus qu’une prédiction pessimiste, c’est désormais, pour certains, presque une exigence officielle.

Et pourquoi les Grecs ne sortiraient-ils pas, une bonne fois pour toutes, de l’euro ? C’est vrai : ils nous cassent les pieds depuis longtemps, ils ne remboursent pas leurs dettes et ils n’arrivent même pas à trouver une majorité capable de voter les plans d’austérité promis aux Européens et au FMI.

Il y aura de nouvelles élections en juin, mais les partis qui refusent l’austérité risquent de sortir encore renforcés. Bon, c’est vrai, un cinquième de la population grecque vit à la limite du seuil de pauvreté, un jeune sur deux est au chômage, mais « les Grecs doivent tenir leurs engagements » dit l’Allemagne. Faute de quoi, il n’y aura plus d’aide à partir du mois prochain.

Et s’ils ne sont pas contents, la porte est grande ouverte : ils peuvent sortir de l’euro et du même coup de l’Union européenne, car l’un ne va pas sans l’autre. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, estime que la zone euro est désormais mieux préparée qu’il y a deux ans à affronter l’onde de choc d’un départ de la Grèce.

Sauf que sortir de l’euro, 80% des Grecs ne veulent pas en entendre parler. Et après tout, c’est à eux d’en décider. Personne ne peut leur imposer.

- Alors quelle est solution ?

Soyons fous : et si on les aidait ? Pourquoi ne pas alléger les remboursements des emprunts grecs ? Espacer les paiements ? « La Grèce ne sortira pas de la zone euro, tout ça c’est de la propagande », a dit cette semaine le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Avec une croissance totalement nulle au premier trimestre dans la zone euro et l’Europe du sud qui s’enfonce dans la crise, on attend une initiative forte pour la croissance européenne. Les libéraux commencent même à se dire que l’austérité à tout crin, ça ne marche pas.

La semaine prochaine, à Bruxelles, pour la première fois, on verra le président François Hollande à la table des 27. On peut dire qu’il arrive au bon moment avec son discours sur la croissance. Les dirigeants de la Commission européenne, de la BCE, de l’Italie, du Royaume-Uni, même Angela Merkel, tous semblent touchés par la grâce. Une unanimité de façade, car sur la méthode, les Européens ne sont pas du tout d’accord : il faut assouplir les règles encadrant le travail, dit par exemple Mario Draghi, le président de la BCE (en gros, ce que prévoient les plans d’austérité grec, portugais et espagnol) ; alors qu’en face, on prône la relance par les finances publiques… De quoi faire hurler les partisans d’une austérité stricte comme Angela Merkel.

Et au milieu, la Commission propose de grands travaux pour moderniser les réseaux de transport et d’énergie. Encore faudrait-il que les Etats acceptent de les financer collectivement… En ce moment, c’est plutôt le repli sur soi qui domine.

A Bruxelles, la semaine prochaine, la croissance sera bien au menu du sommet. C’est déjà ça, mais c’est loin d’être gagné.

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