On reparle des prix de l'électricité. Jean Bernard Lévy, le patron d'EDF réclame une hausse de tarifs cette année. A l'appui de sa demande, voilà ce qu'il affirmait le 16 février sur RTL :

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Le cinq sept 2013 - Vrai Faux Europe 1

Le PDG d'EDF affirme que la France a l'électricité la moins chère de tous ses voisins. Et c'est vrai. Si on passe en revue les pays cités par Jean Bernard Levy, c'est à dire nos voisins immédiats. L'électricité est moins chère en France, je me base sur les chiffres 2015 compilés par l'institut Eurostat. Toutes taxes comprises, le prix du kilowatt / heure varie du simple à près du double entre la France et l'Allemagne. Le consommateur belge paye presque 35% plus cher, en Espagne, les prix sont 45% plus élevés, en Italie c'est à peu près cinquante pour cent de plus.

Areva et EDF proches d'un accord
Areva et EDF proches d'un accord © MaxPPP

Cela dit, ça ne veut pas dire que la France a l'électricité la moins chère d'Europe. La France se situe dans la bonne moyenne en termes d'électricité bon marché, entre la Lettonie et la Slovénie, mais on ne peut pas dire que l'électricité en France est la moins chère d'Europe. Il faut dire qu'en Europe, les prix varient carrément du simple à près du triple entre le Danemark où les tarifs sont les plus élevés et la Hongrie, le pays d'Europe où les ménages payent le moins cher, toutes taxes comprises. Sur 28 pays, la France est le 12ème pays dans l'ordre croissant des tarifs. Mais si on tient compte du pouvoir d'achat, alors seule la Finlande est vraiment moins chère que nous.

Ces prix bon marché et cet écart avec l'Allemagne ou le Danemark tiennent principalement à notre choix énergétique. La France a fait le choix du nucléaire (cela représent 75% de notre électricité), alors qu'en Allemagne et au Danemark on parie sur les renouvelables et sur la sortie du nucléaire. Cette transition énergétique est subventionnée par des taxes et des tarifs garantis. L'électricité allemande est taxée 3 fois plus qu'en France. Au Danemark, la TVA, les taxes et impôts représentent plus de la moitié du prix que payent les ménages. Car pour préserver la compétitivité des entreprises, ce sont les particuliers qui payent les investissements pour ces énergies renouvelables. En France, on a fait le choix inverse : jusqu'à présent, les gouvernements successifs n'ont pas vraiment répercuté le cout réel d'EDF sur les tarifs pour préserver le pouvoir d'achat des ménages. Mais ça pourrait changer, car EDF a devant elle des investissements lourds dans les années qui viennent. Ses centrales sont vieillissantes, il faut les entretenir. Jusqu'à présent, l'Etat principal actionnaire d'EDF n'autorisait pas l'opérateur à répercuter entièrement ce surcout sur les prix, mais ça devrait changer. Depuis le 1er janvier le gouvernement n'est plus maitre du jeu, c'est la commission de régulation de l'énergie, qui fixe les hausses de prix. Ce sera le cas au mois de mai.

Une hausse qui devrait être étalée dans le temps, il n'est donc pas besoin de paniquer.

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