On reparle de la taxe sur les transactions financières, la taxe Tobin. L'ancien ministre des Finances Pierre Moscovici aura la charge de négocier cette taxe au niveau européen puisqu'il a été désigné Commissaire européen chargé des affaires économiques et qu'il aura aussi en charge la fiscalité.

Voici ce qu'il en disait mardi dernier dans le 7/9 de Patrick Cohen :

Pierre Moscovici dit avoir été le premier à lancer une coopération européenne pour cette taxe sur les transactions financières. Vrai ou faux ?

face aux critiques, pierre moscovici en appelle à l'amitié franco-allemande
face aux critiques, pierre moscovici en appelle à l'amitié franco-allemande © reuters

C'est vrai. En deux mots, la taxe sur les transactions financières existe déjà en France. Elle a été votée au printemps 2012 par l'ancienne majorité de Nicolas Sarkozy. C'était juste avant la présidentielle. François Hollande en avait fait l'une de ses promesses de campagne.

Une fois élu, le nouveau Président de la République a lancé avec l'Allemagne l'idée d'une coopération européenne pour obtenir une taxe avec un petit groupe d’Etats-membres, car il n'y avait pas unanimité sur ce sujet à 27.

Pierre Moscovici et son homologue allemand Wolfgang Schaüble ont donc fait le tour des capitales européennes. Onze pays au total ont répondu « oui ». Sur ce sujet, l'ancien ministre de l'Economie dit vrai.

Pierre Moscovici affirme aussi qu'il n'a jamais changé d'avis sur le sujet. Vrai ou faux ?

Faux! J'ai retrouvé les propos que tenait Pierre Moscovici lorsqu'il était ministre des Finances à propos de ce projet de taxe européenne et des revirements, il y en a eu plusieurs.

Début 2013, la Commission européenne fait une proposition de taxe: c'est une taxe assez ambitieuse puisqu'elle vise à la fois les actions, les obligations et surtout, les produits dérivés, ces produits bancaires très lucratifs. A l'échelle des 11 pays, elle rapporterait 35 milliards d'euros selon certaines ONG. Pierre Moscovici se montre très enthousiaste : c’est « historique », dit-il et « il faut aller vite et fort ».

Six mois plus tard, en juillet 2013, premier revirement : devant un parterre de financiers, le patron de Bercy prend ses distances : le projet de Bruxelles est désormais « excessif », il risque de provoquer le « résultat inverse ».

Entre temps, six fédérations bancaires ou professionnelles se sont alarmées des conséquences d'une telle taxe sur l'emploi. Aujourd'hui Pierre Moscovici semble retrouver son enthousiasme des débuts, mais il est malgré tout bien difficile de savoir quelle position va adopter le nouveau commissaire européen, alors qu'on est dans la dernière ligne droite de la négociation.

Alexandre Naulot de l'ONG Oxfam :

Oxfam rappelle malgré tout que Pierre Moscovici s'est montré plus ambitieux sur l'affectation du produit de cette taxe, qui doit financer l'aide au développement et la lutte contre le sida. Le problème, c'est que si l'on ne taxe rien, ce sera autant de moins pour aider les pays en développement.

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