La tension monte entre l'UE et la Russie, les européens temporisent sur les sanctions

Manifestation de soutien à l'opposant politique russe Alexei Navalny à Cracovie (Pologne), emprisonné à Moscou (23 janvier 2021)
Manifestation de soutien à l'opposant politique russe Alexei Navalny à Cracovie (Pologne), emprisonné à Moscou (23 janvier 2021) © AFP / Beata Zawrzel / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Pour les voisins immédiats de la Russie,  les pays baltes, la Pologne, voire la Roumanie, la menace russe se fait plus fortement sentir qu'à l'autre bout du continent. Certains proposent de taper au portefeuille : Moscou est totalement dépendant des exportations de ses matières premières, c'est son unique ressource, et l’Europe est son principal marché à l’export. Mais il n'est pas question d'interrompre la construction du gazoduc Nord Stream II, quasiment achevé : Nord Stream permettrait à la Russie de vendre 2 fois plus de gaz à l'Europe tout en évitant l’Ukraine, les pays baltes et la Pologne. Même si ce méga projet fait débat chez les écologistes en Allemagne, pas question pour Berlin de le geler. Pour  sortir du charbon, l’Allemagne, comme la Pologne, compte sur le gaz russe pour émettre moins de CO2.  La Russie, c'est 40 %à 50% en moyenne des importations de gaz de l'UE, selon les années. Les pourcentages varient de zéro pour le Portugal à 100 % pour les Baltes. Certains, comme la Litunaie, pour se débarrasser des russes ont choisi le gaz liquéfié venu des Etats unis, mais ça coute beaucoup plus cher. L’exercice des sanctions est donc un jeu d'équilibriste pour les européens.

Des sanctions contre la Russie, quel succès ?

Depuis 2014 depuis l'annexion de la Crimée, la Russie fait déjà l'objet de multiples sanctions européennes. Ces sanctions, les 27 les reconduisent tous les six mois, mais on peut se demander à quoi ça sert. Depuis sept ans, l'échec est total : Vladimir Poutine n’est pas revenu sur l’annexion de la Crimée, il n’a pas renoncé à déstabiliser l’Ukraine et il n’a aucune intention de se soumettre aux canons de la démocratie occidentale.  Pour les proches d'Alexei Navalny, il faudrait taper là où ça fait mal, cibler les alliés proches de Vladimir Poutine, les patrons des conglomérats, prévoir des interdictions de voyage, le gel des comptes bancaires. « C'est ce que font les Etats unis avec un certain succès » rappelle l'eurodéputé Arnaud Danjean. Mais le mécanisme juridique utilisé par l’Union autorise seulement les actions contre les auteurs d’atteintes graves aux droits de l’homme. L'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche va-t-elle donner plus d'assurance aux européens ?  Pas encore à en juger par la dernière réunion, les 27 ministres des Affaires étrangères ont décidé de temporiser, face au risque d'escalade et aux bruits de bottes à la frontière ukrainienne. Aucun oligarque ne devrait être concerné par les éventuelles sanctions à venir. Une fois encore, les sanctions auront surtout valeur de symbole. 

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